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lundi 4 février 2013

2011/2012 - The Weeknd - Trilogy - Review / Chronique

 
 
Trilogy by Sabrine Carrein on Grooveshark

2012 m'a réconciliée avec le R'n'B (Solange, Jessie Ware, Lianne La Havas, Kimbra, Sy Smith, etc.), pire avec le R'n'B masculin qui n'est que rarement entré dans mes bonnes grâces (Maxwell, D'Angelo ou encore Robin Thicke sont les exceptions confirmant la règle). Un véritable miracle s'est produit par le biais de trois albums : le chef-d'oeuvre Channel Orange de Franck Ocean qui a été ultra médiatisé et deux albums beaucoup moins connus Kaleidoscope Dream de Miguel et Trilogy de The Weeknd. D'ailleurs, j'ai un très gros faible pour ce dernier. D'abord pour la voix de The Weeknd incarnée par Abel Tesfaye qui n'est pas sans rappeler celle de Maxwell ou encore de Michael Jackson, son falsetto est tout simplement divin. Cependant, ce qui frappe avant tout c'est la complexité et la so(m)briété de son univers musical.

En effet, d'année en année, le R'n'B s'est perdu soit dans les méandres de la pop/dance music intrônisée par des artistes fémines peu convaincantes et surtout très commerciales (Rihanna, Beyoncé, et même Alicia Keys qui a emboîté le mouvement, etc.) soit dans une musique mielleuse et désincarnée (Dwele, Keith Sweat et autres chanteurs libidineusement plats et inconsistents). Certes, il y a toujours un regain d'espoir qui vient rallumer la flamme vacillante (Janelle Monae, Rahsaan Patterson, Vikter Duplaix, le retour de Maxwell et D'Angelo sur scène, etc. si l'on se dirige vers la nu-soul) ou la soul vintage qui vient redorer le tableau mais le plus souvent le soufflé retombe très rapidement faute d'une nouvelle scène innovante qui peine à se émerger.

C'est pour ces raisons que l'apparition d'artistes comme The Weeknd sont si importantes et bénéfiques pour ce genre musical. Depuis 2011, le jeune canadien fait beaucoup parler de lui, voire même fait couler de l'encre. Au départ connu sous le pseudo de The Weekend qui cachait son duo avec le producteur Jeremy Rose, Abel s'est rapidement détaché de son compère, non sans heurts pour lui préférer le protectorat du rappeur compatriote Drake, après la sortie de leur première mixtape House Of Baloons. Cette mixtape sortie début 2011 a non seulement connu un buzz médiatique mais a mis en lumière un talent rare, des compositions noires et sulfureuses mises en relief par une production originale qui marie R'n'B, électronique et rock avec classe et sobriété. Bref, de la très belles oeuvre. On en veut pour preuve que l'intégralité de cette mixtape est un petit chef-d'oeuvre du début à la fin : le rêveur et sensuel What You Need, le brûlant Wicked Games (qui n'est pas une reprise de Chris Isaak bien entendu), les sweet et vaporeux The Party & The Afterparty et Loft Music qui reprennent des samples de Beach House, le glacial Coming Down ou encore le lascif The Knowing.

Le buzz se poursuivra avec la rupture du producteur et du compositeur, auteur et interprète mais aussi avec la sortie un peu plus tard en 2011 d'une seconde mixtape Thursday qui va plus loin dans la fusion des genres en combinant à merveille R'n'B, beats électroniques ou de trip hop sulfureux. Ce fameux jeudi s'avère un long trip sous anxiolitiques d'une afterparty digne de ce nom : l'auditeur se sent planer sous un déluge de sonorités vénéneuses et charnelles. Si j'ai eu du mal à accrocher au début par rapport à cette deuxième mixtape, second volet d'une trilogie à devenir, j'ai été époustouflée par le fin de Thursday qui compte les géniaux et foncièrement envoûtants et futuristes Gone, la ballade presque acoustique Rolling Stone ou encore le reggae dub step Heaven Or Las Vegas.

Cela sera fin 2011 que The Weeknd nous dévoilera sa troisième mixtape, par conséquent le dernier volet de sa trilogie avec Echoes Of Silence. J'ai été conquise par cette dernière fournée musicale. Je reste sans voix du fait que sa reprise de Dirty Diana, renommée pour la circonstance D.D., de Michael Jackson ait été gardée sous silence alors qu'elle est tout simplement géniale et puissamment électrique. Le reste de la mixtape est tout aussi séduisant, voire même surprenant à l'image de la sublime ballade Montreal qui reprend le sample du morceau Laisse Tomber les Filles de France Gall. Un choix audacieux pour un morceau moelleux et vaporeux. Outside emmène l'auditeur en apesanteur avant de le jeter dans les méandres des hypnotisants et décadents XO/The Host et The Fall. La fin de la mixtape s'avère sobre et même émouvante avec le torturé The Next et la troublante et poignante ballade éponyme Echoes Of Silence.

Un fin magistrale qui clôture une trilogie de R'n'B d'anthologie. D'ailleurs, alors qu'à la base ces mixtapes exceptionnelles furent proposées en téléchargment libre à une qualité auditive acceptable mais insuffisante pour les audiophiles, Universal et le label XO de l'artiste ont unis leurs forces pour sortir sous forme physique cette trilogie qui fera date dans l'univers de la soul. Cette Trilogy (sous la forme de trois disques) est finalement apparue dans les bacs en novembre 2012 avec un beau succès à la clé en termes de vente aux States. Trois inédits de toute beauté y seront ajoutés : le glacial soul/trip hop Twenty Eight, le sexy Valerie et le mystérieux Til Dawn (Here Comes The Sun). Le seul bémol ? En Europe et en particulier en France et en Belgique, on a boudé cette merveilleuse sortie. Espérons que la prochaine sortie plus formatée de ce tout jeune canadien saura séduire continentale toujours frileuse envers le R'n'B de qualité.

Trilogy est un indispensable à toute cdthèque soul qui se respecte. Besoin d'ajouter que c'est un must have absolu de 2012 ?


Note Finale : 19/20

Site Officiel, Facebook

Où Trouver cette Merveille ?

Amazon.frFnac.com, Wow.uk

Trilogy - The Weeknd








1 commentaires:

Brian Sungeelee a dit…

Magnifique chronique je suis tout à fait d'accord avec toi :)

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