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jeudi 16 octobre 2008

2003 / 2008 - Stephanie McKay - McKay / Tell It Like It Is - Une étoile de de la soul est née

McKay - Eponyme (2003)
Tracklisting :
01. Intro
02. Tell Him

03. Bluesin' It
04. Sadder Day

05. Thinking Of You

06. How Long
07. Rising Tide
08. Loving You

09. Take Me Over

10. Five Days Of Faith
11. Thadius Star
12. Echo


Cela fait plus de 5 ans maintenant que je suis passée à côté de ce petit chef d'oeuvre et oui, je connaissais l'existence de cet opus dès sa sortie mais n'ayant jamais pris aucun renseignement à son encontre et me fiant malencontreusement à sa jaquette très streets ou urbain (pourquoi ce terme, je ne saurai vous dire?) je pensais que c'est encore une rapeuse, ou quelque chose de ce genre et bon mis à part Missy Elliott, ce n'est pas ma tasse de thé que du contraire. Et bien j'avais tout faut comme d'hab' en quelque sorte. C'est bien d'une chanteuse dont il s'agit et pas des moindres, je peux avancer sans trop me tromper qu'elle est pour moi et pour certains critiques l'une des plus grandes chanteuses de soul actuelles : sa voix proche de celle de Minnie Riperton est fantastique : souple, expressive, douce, sensuelle, elle est imposante et peux sans conteste égaler les performances de celles de Jill Scott et d'Erykah Badu (les reines). Bref, je ne m'en suis pas encore remise de cette découverte d'il y a quelques semaines.

Cependant, McKay (elle n'a pas utilisé son prénom pour son premier album) n'est pas qu'une voix aussi ahurissante soit-elle, non, non, elle est bien plus que cela, sa plume vindicative, rebelle, dénonce les injustices commises dans le monde, dans sa communauté et bien plus encore. Curtis Mayfiled et Marvin Gaye sont ses maîtres d'inspiration et cela fait chaud au coeur d'entendre une chanteuse actuelle chanter autre chose que des sujets concernant l'amour et les coeurs brisés (bouhhh) de façon conventionnelle et accrocheuse afin de faire un hit. Bref, si vous an avez marre de ces pseudos chanteuses que sont Leona Lewis (dixit la pleurnicharde), Duffy (si je l'entends encore une fois son yeh yeh yeh, il se pourrait que je fasse un malheur) ou encore Estelle (j'ai besoin de producteurs reconnus pour faire un hit et en plus elle se permet de tenir des propos racistes sur ses conseurs blanches qui font, la seule exception eétant Amy, une musique aussi insipide que la sienne), je vous conseille ardemment de vous arrêter ici pour découvrir une vraie Artiste avec un grand A et non un produit marketé : (Stephanie) McKay.

Quant au contenu du cd ? Etant donné que j'ai qualifié cet opus de petit chef d'oeuvre c'est qu'il le mérite amplement car sa musique est un mix de soul, hip hop et trip hop, d'ailleurs j'applaudis à tout rompre son co-écrivain et co-producteur Geof Barrow (membre fondateur et instrumentaliste au sein du groupe alternatif Portishead) qui a pris le pseudo de Fuzzface au crédit qui a injecté au son nouveau et original en mixant soul, funk, reggae, hip hip avec du trip hop et la recette prend magnifiquement. Et les chansons ? Toutes des bombes, toutes sublimes sans même faire preuve d'exagération (qui peut me caractériser de temps en temps). D'abord, les chansons émouvantes qui vous prennent aux tripes : Tell Him (avec ses choeurs magnifiques et déchirants, Sadder Day qui est un pur chef d'oeuvre (à écouter de toute urgence) qui possède une sensibilité trip hop magnifique, les supra sexys mid tempo : Thinking Of You et Loving You qui sont de la veine des meilleures productions de Diana Ross (Love Hangover) ainsi que les sublimes chansons au ton définitivement engagé : How Long, Five Days Of Faith et Echo sans oublier l'incroyable mid tempo Take Me Over : un mix de reggae/trip hop.

100/100 : Impossible de ne pas aimer cet album même : fort et poignant à l'image de la dernière plage boulerversante Echo, cet opus a tant de qualités que cela pourrait prendre plus que quelques paragraphes pour les citer tant elles sont nombreuses. Une voix phénoménale, des chansons aussi bien écrites qu'arrangées, une vrai âme (la soul) habite cet opus qui a été mis de côté de la façon la plus honteuse qui soit. Un chef d'oeuvre méconnu et oublié, bref un album qui mérite votre attention, car cela fait trop longtemps qu'il est dans l'ombre. Précipitez-vous les yeux fermés.

Tell Him :


Tell It Like It Is (2008)
Tracklisting :
01. Tell It Like It Is

02. Money
03. Jackson Avenue

04. This Letter

05. Oh Yeah
06. Sure Feels Good
07. Say What You Feel

08. Kinky

09. Where Did Our Love Go?
10. Little More Time
11. FIYA

12. Oxygen


Redevenue Stéphanie McKay depuis 2006, la chanteuse a connu une traversée du désert en ce qui concerne sa carrière solo malgré de nombreuses collaborations (mis à part un Ep Eponyme sortie en 2006 dans l'indifférence générale) mais heureusement elle a bénéficié de l'aide d'une petite maison de disque underground et de la création de son propre label afin de sortir le successeur tant attendu de McKay (5 ans c'est long sauf pour moi qui ne l'ai découverte qu'il y a quelques semaines). Pour ce deuxième opus Tell It Like It Is la new yorkaise veut retourner à ses sources : fini les influences anglaises trip hop bonjour la musique des années 60's et surtout des 70's mais il ne s'agit pas de la Motown comme cela est si à la mode actuellement mais plutôt de funk/rock, le beat est plus hip hop façon old school que R1B afin de donner une énergie plus sauvage et moins ronronnante que celle dont bénéficie les albums de ses mièvres concurrentes.

La chanteuse a vécu des épreuves difficiles (la grossesse de sa jeune nièce, elle a assité à un assassinat) mais ne baisse jamais les bras et si ses textes sont toujours aussi percutants que bien à-propos, ils ne sont pas dénués d'espoir ou de nostalgie réaliste. Le morceau Tell It Like It Is qui ouvre l'album frappe très fort, une vraie bombe groovy et funky, un morceau réaliste qui remet les pendules à l'heure sur la vraie vie dans les rues d'Harlem. Money reste dans le même état d'esprit délicieusement funky et puis survient Jackson Avenue est le morceau type qui aurait du faire d'elle une big star mais en raison du mauvais goût des programmateurs, restera dans l'ombre malgré un superbe refrain et un groove imparable. Un single sublime. This Letter sort des sentiers musicaux habituels de Stephanie, plus sobre, cette ballade sur les souffrances endurées par les proches des soldats partis en Iraq est aussi émouvante que réussie. Un morceau juste et puissant sans faire dans le pathos.

Oh Yeah revient à un son funk, sexy et affirmé de Stephany en grande forme sur ce morceau très entraînant qui dégage une très belle énergie. De Même Super Feels Good dégage la même énergie lumineuse et positive, c'est définitivement très funky et réussi. Say What You Feel est la bombe, le chef d'oeuvre, le morceau renversant de cet opus, le genre de morceau qui sonne 70's. A écouter d'urgence. Kinky lui fait le pont entre les sonorités rétro funky et sonorités nu-jazz actuelles, un morceau époustouflant et ambitieux. Where Did Our Love Go? Pour la première fois Stephanie McKay s'octroie une pause ballade en compagnie du talentueux Anthony Hamilton, et le résultat est plus que convaincant, il est émouvant. Little More Time est un morceau plus sombre et sinueux que le reste de la tonalité de l'album avec un son funk/rock. Superbe. Dans la même veine Fiya est un morceau encore plus nerveux que son prédécesseur avec des sonorités funk/hip hop et électro. Absolument indispensable à écouter. Oxygen clôture avec brio l'album, cette reprise de Willy Mason version bluesy/gospel est une piste magnifique qui vous hantera encore longtemps après la fin de son écoute.

100/100 : alors que je désesperais d'avoir entre les main cette année 2008 un concurrent à l'album au dernier opus d'Erykah Badu, Stephanie Mckay est réapparue sur une scène soul boursoufflée, répétitive, avalée en grande partie par la pop. A l'image d'une pluie salvatrice dans le désert, elle démontre que les toutes les chanteuses soul ne tombent pas dans les vilains clichés des éternelles chansons d'amour. Battante, Stéphanie est plus que jamais impliquée sur cet opus qui est du même calibre que son premier opus, en effet, on est pas loin d'un disque qui sera très certainement un classique de la soul d'ici peu. Bref c'est tout simplement l'un des meilleurs albums 2008 toutes classes confondues. A écouter d'urgence pour ceux qui pensent que la soul rime avec les starlettes de la FM.

Tell It Like Its Is (live - une performance exceptionnelle) :


Say What You Feel :

jeudi 10 juillet 2008

2003 / 2008 - Martina Topley Bird - Quixotic / The Blue God - Reviews - Chronique de deux albums aux multiples facettes hantés par Martina





Je vous avais conté mes retrouvailles ici avec Martina Topley Bird, je suis comme cela une grande sentimentale, je l'avais perdue de vue depuis plus de 10 ans et la redécouvrir à travers sa carrière solo a dépassé mes espoirs les plus fous : désormais j'ai vu la lumière, j'ai découvert une artiste originale, hors normes qui dépasse de loin la majorité des chanteuses actuelles, si douées soient-elles car elle n'hésite pas à se renouveller à chaque chanson, à aller plus loin dans l'interprétation, dans l'obscurité ou dans la luminosité, elle étonne et détonne : sa voix modulable et son intelligence en font une interprète troublante, enivrante, hypnotisante, touchante, indispensable.

Son premier opus Quixotic est un album pour lequel j'avais des appréhensions : après l'avoir acheté, j'ai attendu un peu avant de l'écouter par peur d'être déçue... mal m'en a pris car j'ai été éblouie par cet opus dès la première écoute, le casque aux oreilles, je me suis sentie de suite immergée par la première piste Intro : une introduction sidérante et si courte : la voix de Martina prend des teintes blues. Sortez les guitares électriques, Need One débarque à vos oreilles, avec la participation de Mark Lanegan dans les choeurs, cet excellent morceau pop/rock électrique détonne et mérite votre attention. Ma chanson préférée Anything me donne de tels frissons... impossible de ne pas être hypnotisé par le chant quelque peu désenchanté de Martina, à noter les magnifiques arrangements qui procure une dimension planante à ce chef d'oeuvre.

Soul Food
, de suite, m'a fait songé à ses meilleures collaboration avec Tricky, Martina prend une voix quelque peu éraillée et insuffle une vie et ferveur à ce morceau qui bénéficie d'une belle instrumentation jazzy. Lullaby, comme son titre l'indique, est une chanson dreamy avec une profondeur dans les arrangements façon trip hop, douce et sombre avec des coeurs enchanteurs. Too Tough Too Die, a priori, cette chanson rock/trip hop n'est pas censée être ma tasse de thé et pourtant la recette marche ici, le son dur et froid façon PJ Harvey dans son ancienne vie, le refrain très accrocheur, et surtout une Martina sado-maso plus vraie que nature.

Ahh voici Sandpaper Kisses, outre le très joli titre de cette chanson, une autre de mes chansons highlights, je me laisse envahir par le chant hypnotisant de Martina (un peu comme on se laisse envouter par Hope Sandoval), sublimissime, à écouter pour se détendre, c'est magique. Ragga propose une collaboration avec Tricky, de suite on parvient à cerner l'influence de ce dernier, clairement dans un registre qui s'inscrit dans le mouvement trip hop, une ambiance sombre, presque oppressante, un morceau impeccable. Lying est une song aux arrangements et à l'interprétation minimalistes. Un morceau downtempo d'une douceur incroyable.
I Wanna Be There
renoue avec les guitares électriques et le rock/trip hop. Energique et concis, ce morceau en jette plein la vue. I Still Feel est un morceau qui flirte entre la pop et le trip hop avec bonheur, planant, il me projette dans une autre dimension au son de la voix enchanteresse de Martina. Ilya est sans conteste l'une des meilleures pistes de cet opus après quelques écoutes, le son certes peut déconcerter, mais en l'écoutant jusqu'au bout, on ne peut que s'incliner face à l'instrumentation luxuriante, le côté délicieusement alternatif de ce morceau et une Martina toujours sensationnelle. Stevie's clôture avec la même magnificence que l'Intro débutait cet opus enjôleur. Une ambiance sombre et planante, des cordes, une voix de sirène, superbe. Et j'ai reconnu la marque du génial producteur David Arnold (Björk, James Bond, etc.).

Ce premier album, qui ratisse large musicalement, m'a accroché dès la première écoute, cependant plusieurs écoutes attentives sont nécessaires afin de cerner la richesse et la complexité de son contenu. Martina, à l'aide de ses producteurs, a réussi à créer son propre univers musical mi-obcur/mi-lumineux en transcendant les genres, inclassable cette muse, devenue mentor à son tour, s'impose comme une des meilleures auteur/compositeur/intereprète à ce jour car elle a su innover sans être hermétique ou grand public. Et sa voix ? Quelle voix, un chant de sirène hypnotisant vous guette sur ce petit chef d'oeuvre.

Note Finale : 19/20











5 ans cela doit être long pour les amateurs de la première heure de la demoiselle, non ? 5 ans pour donner un successeur au sublime Quixotic, il faut réfléchir à deux fois avant de donner une suite à un album devenu culte. Martina a eu raison, elle s'est adjoint les services du sémillant Danger Mouse (Black Keys, Gnarls Barkley, etc.) afin de donner une dimension différente qu'à son précédent opus, une façon pour elle de tourner la page définitivement sur son passé.

Phoenix
, une composition minimale, aux sonorités électroniques, très intense ouvre le bal de très belle manière. Carnies, premier single, est une bombe trip-popesque qui ravage tout sur son passage, Martina Topley Bird se montre plus affirmée, plus sensuelle, plus libérée. April Grove porte clairement la marque de Danger Mouse qui apporte une dimension sombre et fantomatique à cette song difficilement catégorisable : du trip-pop ? Les arrangements vocaux sont à tomber. Something To Say nous plonge dans une ambiance profondément sombre, le refrain très catchy est un enchantement aux oreilles, délicieux.

Baby Blue
, une de mes chansons coup de coeur, est totalement irrésistible, cette pop song aux couleurs bluesy est renversante. Une extase. Shangri La, une des meilleures pièces de l'opus, débute par une intro aux arrangements un peu psyché pour ensuite laisser place à une pop song à la beauté et sensualité renversantes. Snowman, une de mes préférées également, est tout simplement hypnotisante, dotée d'une atmosphère féérique. Da Da Da Da, est selon mon interprétation personnelle, un interlude ludique, à cet opus assez intense, oui elle chante Da Da Da Da pendant un peu plus de deux minutes sur des percussions minimalistes, que dire ? Le renouveau psychédélique façon Danger Mouse ?

Valentine
est peut être la plus belle piste de l'album : une ballade langoureuse aux influences 60's avec une touche de futurisme, ambiance smoky, tamisée, Martina est plus sensuelle que jamais, c'est la perle, c'est sublime. Poison, à l'image de Carnies, constitue un single imparable, un refrain accrocheur, une Martina piquante, un souffle de fraîcheur vient d'être insufflé la pop music. Razor Tongue est clairement l'unique morceau sur lequel on peut apposer l'étiquette de trip hop, Martine révèle une sensualité exacerbée, sa voix n'a jamais été aussi caline et caressante. Un bonheur pour les oreilles. Une song fantastique. Yesterday renoue avec la veine aventureuse de Quixotic, plus alternative, elle invite à la songerie, au rêve, à la réflexion. Un trip qui ouvre de nouvelles perspectives qui s'annoncent illimitées pour la talentueuse Martina.

Un deuxième opus profondément différent de Quixotic, à première vue plus léger et pop, à deuxième vue aussi complexe et sombre. Une nouvelle dimension plus accessible est apporte à l'univers de Martina avec la même qualité au rendez-vous. Danger Mouse offre ses services, contribue à la production et même à l'écriture de certaines chansons, mais ne s'impose jamais, c'est son propre univers qu'il apporte par touches fantomatiques à celui de Martina luxuriant ou minimaliste selon l'humeur de la belle demoiselle. Martina a murît ces chansons de nombreuses années et on peut ressentir davantage d'affirmation de sa personnalité au travers de ses interprétations : hypnotiques, sensuelles, elle envoûte et charme. Au final un album plus homogène, plein de couleurs et d'images qui se bousculent lors de l'écoute, qui se rapproche du niveau (la barre est très haute) de Quixotic. Il ne faut pas bouder son plaisir quand l'appât est aussi irrésistible que Martina Topley Bird : un oiseau rare à l'avenir lumineux.

Note Finale : 17,5/20

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mardi 1 avril 2008

2003 / 2007 - Amy Winehouse - Review - Frank / Back To Black - Deux albums indispensables







Depuis maintenant plus d'un an un buzz incroyable s'est créé autour d'Amy avec la sortie de son single phénomène Rehab, tout et n'importe quoi a été raconté sur elle que cela soit dans les médias qualifiés de sérieux ou ceux qui le sont beaucoup moins comme les journaux people. Je dois dire avant tout que je ne fonctionne musicalement qu'à l'instinct (pas toujours top mais c'est le mien et je fais avec) et avec Amy cela a été un vrai coup de coeur mais pas de ceux que fabriquent si habilement les médias ou les maisons de disque car je ne supporte ni les chaînes musicales, n'écoute plus la radio depuis au moins cinq ans et bon la seule possibilité de m'atteindre c'est Internet, par conséquent ce coup de coeur est la résultante de recherches proactives plutôt que d'un discours matraqueur comme seuls les publicistes ont le secret.
J'ai tout d'abord découvert sur le net (il a y a plus d'un an) Back To Black le fameux album dont tout le monde parle pour l'acclamer à juste titre car c'est réellement une bombe et non un petard mouillé (je me méfie des médias britannique qui acclame un peu n'importe quoi pourvu que cela soit anglophone et hype). Dès la première écoute j'ai vraiment eu l'impression de me replonger dans les années 50's/60's qui correspond à l'âge d'or de la Motown, le tout enrobé d'influences pop de la musique de Spector et jazzy dans l'interprétation de la jeune dame : Etta James, Sarah Vaughan et Billie ne sont pas loin.
 
Si l'interprétation habitée sur chaque titre d'Amy (ainsi que son écriture assez noire et incisive) est la principale qualité de cet album, la production suit de très près : Salaam Remi (Nas, Fugees, etc.) et Mark Ronson (Coldplay, Lily Allen, etc.) ont fait un boulot miraculeux qu'est celui de nous replonger dans un tel univers, la grosse artillerie est sortie à l'occasion niveau instumentation : cuivres, cordes, piano, choeurs, un vrai orchestre est mis au service de cet opus.

Les titres phares de l'album
: outre les très médiatisés Rehab (énorme track qui parle du refus de se rendre en centre de désintoxication) et You Know I'm No Good (titre mélancolique assez noir qui navigue entre la soul music et le jazz) et les morceaux plus ou moins récemment exploités en vidéos comme Back To Black (l'écriture et les arrangements instumentaux sont sensas, chanson en définitive très sombre) et Love Is A Losing Game (j'adore le côté indolent et mélancolique de ce titre calme) deux de mes morceaux favoris de la galette, il se trouve que tous les autres titres sont excellents mais en particulier Me & Mr Jones (très rétro avec un son jazz et ses choeurs), Wake Up Alone (avec son rythme langoureux et ses paroles poignantes sur la solitude et l'absence de l'être aimé), Some Unholy War (une superbe ballade) et He Can Only Hold Her (sample soul bien choisi, une chanson relevée par une ambiance plus positive par rapport aux tracks précédentes) . J'ai eu de la veine car j'ai attendu la réédition de son album en 2 cd's et les bonus valent le coup : la reprise de Valérie des Zutons (groupe de pop-rock) ainsi que les autres inédits sont d'aussi bonnes qualité que ceux du premier cd et c'est plutôt rare pour le souligner.
En conclusion c'est un superbe album, un futur classique et si aimez les morceaux que j'ai mis en écoute il y a peu de chances que vous vous trompiez en acquérant cet album qui possède un charme évident et une chanteuse époustouflante. Maintenant il y a des "grincheux" qui la dénigre en l'accusant de prendre la place d'autres grandes dames de la soul music (de tirer toute la couverture médiatique) et je peux les comprendre d'une certaine manière : pourquoi tant de matraquage médiatique pour Amy alors que Mavis Staple, Bettye Lavette, Nicole Willis et Sharon Jones qui ont toutes sortis des cd's vers la même période sont passés sous silence médiatique ? Bien entendu c'est injuste car chaque cd de ces grandes dames de la musique mérite le détour mais cela n'est pas une raison suffisante de faire l'impasse sur Amy en se fondant sur un tel argument, il y a de la place pour tout le monde et Amy possède bel et bien son univers et sa propre personnalité !

Bien sur quand un artiste a du succès on essaie toujours de revenir en arrière
pour voir s'il n'y aurait pas d'autres opus à se mettre sous la dent et c'est bien heureusement le cas pour Amy qui dès 2003 était bien connue des Britanniques avec un premier album acclamé Frank qui s'est vendu à près d'un quart de millions d'exemplaires rien qu'en Grande-Bretagne et qui a permi à Amy d'être promue artiste de l'année. Amy du haut ce ses 19 ans (qui sort à peine de l'adolescence) offre un premier album in-cro-ya-ble c'est je crois le mot juste mais cependant plus difficile d'accès à priori que Back To Black mais à décharge en premier lieu il vaut réellement une écoute attentive si on apprécie le travail d'Amy et deuxièmement il s'avère qu'à 19 ans on a rarement l'occasion de découvrir une artiste qui semble aussi aboutie tant dans ses choix musicaux que dans son travail d'écriture et d'interprétation.


Frank est un opus aussi bien produit que Back To Black mais si la production est plus discrète les instuments associés à la soul et au jazz sont déjà présents et c'est avec un plaisir évident que l'on retrouve ces arrangements musicaux extraordinaires et une Amy déjà au top niveau interprétation comme en témoigne le fabuleux titre In My Bed (tiens le producteur de cet excellent morceau est déjà Salaam Remi...) qui mêle avec bonheur jazz sur un sample proche du hip hop. Il y a bien entendu d'autres excellents morceaux : Stronger Than Me qui l'a révélée au grand public (paroles assez provocantes sur le rôle de l'homme dans la relation sentimentale, le rythme est hip hop mais la soul et sa petite touche jazzy prédomine), You Sent Me Flying qui finit par Cherry est une tuerie : cette chanson pop jazz sur la cruauté de l'homme est incontournable et Cherry c'est la cerise sur le gâteau..., I Heard Love Is Blind cette chanson est en quelque sorte un prélude à Love Is A Losing Game qui figure sur Back To Black, c'est calme, subtil, un ravissement pour les oreilles de même que la piste suivante (There Is) No Greater Love est un titre jazzy très inspiré par Billie, c'est un joyau à écouter d'urgence, un peu plus de deux minutes de bohneur absolu. Et puis survient cette fameuse piste In My Bed avec son gros son urbain et ses arrangement jazzy, perle de l'album il démontre l'étendue du talent d'auteur / interprète d'Amy. La piste suivante Take The Box est un autre titre indispensable d'écouter : ambiance feutrée, présence de choeurs, subtiles lyrics sur la séparation amoureuse, Amy offre une superbe interprétation, un must. Help Yourself est assurément une chanson qui possède des lyrics lucides : I Can't Help You If You Won't Help Yourself/You Can Only Get So Much From Someone Else, cette chanson mêle avec bon goût hip hop et jazz et la chanson qui clôture Amy, Amy, Amy (+ bonus tracks cachées) est de toute beauté, la soul et le jazz se rejoignent pour le meilleur, on pourrait la prendre pour un hommage à Ray Charles (cela doit être du aux choeurs qui me font penser à ceux de Hit The Road Jack de Ray).
 
Avec le recul on peut dire que cet opus est un joyau sans exagérer, 5 ans plus tard le constat est plus que positif, une étoile est née avec Frank et c'est Amy avec une personnalité hors du commun. Alors pour ceux qui se posent la question quel album choisir ? (attention dédicace spéciale à Jules et Bob August) et bien la réponse est vraiment compliquée... en fonction des morceaux mis en écoute faites votre choix si vous appréciez son univers, il sera difficile de regretter ce-dit choix car les deux albums se valent largement qualitativement !

Quelques vidéos
:
In My Bed :

Take The Box :



Back To Black :

Love Is A Losing Game :

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