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lundi 12 octobre 2009

2009 - Emily Jane White - Victorian America - Review - Chronique d'une artiste qui a trouvé la grâce



victorian america by Sabine De Greef on Grooveshark

C'est aujourd'hui que sort le nouvel album d'Emily Jane White. L'an dernier (ou pour dire la vérité 2007), la demoiselle a fait de l'ombre à l'impérialisme d'Alela Diane en matière de folk intimiste. En effet, Dark Undercoat, son premier album (chroniqué et en écoute ici), a soulevé l'enthousiasme des critiques européens (contrairement aux Etats-Unis où elle et Alela sont loin de provoquer la même belle unanimité). Ce premier album est toujours un petit chef d'oeuvre, une première oeuvre éblouissante de justesse qui a réussi à me mettre la larme à l'oeil. Je déteste cela. Certes, la musique ne vaut rien si elle ne suscite pas l'émotion mais je déteste que cela m'affecte à ce point là. J'ai appris par total hasard qu'Emily Jane White remettait le couvert avec un nouvel album Victorian America qui sort aujourd'hui. Dès que j'ai eu vent de l'information et le temps de m'en remettre, j'ai commandé l'album sur Talitres que j'ai reçu vendredi dernier (deux jours après l'avoir commandé de France, un record !). Le temps d'un week end pour me faire une opinion sur cette nouvelle cuvée dont je ne savais rien. Le temps d'être une nouvelle fois bouleversée par son dark folk qui n'a jamais été aussi émouvant.

Alors que le deuxième essai d'un artiste qui a brillé dès le coup d'envoi est souvent légèrement décevant ou moins "magique", le nouvel album d'Emily Jane White est au moins aussi bien que sa précédente œuvre et cela dès la première écoute. Le ton de l'album est toujours aussi mélancolique mais de belles éclaircies parsèment l'album l'empêchant d'être aussi sombre voir "dépressif" que Dark Undercoat. Les arrangements de l'album sont plus riches d'un groupe qui s'est formé pendant une tournée et même la voix d'Emily Jane White semble encore plus touchante : souvent comparée à Cat Power, elle s'envole littéralement pour prendre des scintillante intonations graves ou aiguës encore jamais atteintes sur le premier opus où son chant - et sa musique - paraissaient étrangement linéaires et fantomatiques. Prêt pour un petit décorticage de l'album ? Never Dead débute sur le bien léger soulagement qu'est le début d'une nouvelle journée qui évince celle qui vient d'annoncer de mauvaises nouvelles. Une chanson spirituelle, crépusculaire qui pourtant au lieu de plomber l'ambiance, semble évanescente.

Plus terrien et sombre, Stairs avec sa belle orchestration est un petit chef d'oeuvre de folk/bluesy americana. Puis, cette cassure à la 2:34 est juste sublime. Ce morceau qui est l'un des plus beaux de l'album vous hantera encore longtemps après son écoute. La plage placide Victorian America offre des arrangements boisés classieux donnant une majesté particulière à ce sublime morceau qui évoque la condition féminine aux Etats-Unis à une époque pas si révolue... Sur le bouleversant The Baby, le chant plaintif d'Emily nous plonge dans les méandres de son univers musical tourmenté. De nouveau, petit chef d'oeuvre atmosphérique en vue avec Frozen Heart. De quoi vous glacer le sang bien plus qu'avec les derniers Fever Ray ou Soap & Skin. Intemporel. The Country Life se démarque de l'ensemble de l'album de par l'aspect de son enregistrement live, sa luminosité et son humanité. On ressent presque de la chaleur... De même le superbe Liza est l'un des morceaux les plus dynamiques de l'album. Et on s'envole avec Emily vers des cieux (presque) plus cléments. The Ravens est une belle lullabye frissonnante tandis que Red Serpent est plus alternatif, plus richement arrangé, en un mot vénéneux. Un bijou funéraire qui en appelle un autre, le grand highlight d'indie rock qu'est Red Dress. A se damner. L'hypnotique A Shot Rang Out, avec peu avant The Ravens, nous replonge davantage dans l'univers tortueux du premier album, black is black. De toute beauté même si glaciale comme le souffle de l'hiver. Ghost Of A Horse clôture sur une note somptueuse, cette ballade féerique est tout simplement magique.

Un deuxième album fantastique. Beaucoup plus riche, ouvert mais respectant la mélancolie glacante de l'artiste (la mort reste le sujet de prédilection des textes). Emily Jane White produit de la musique intemporelle qui ne sera jamais datée ou dans le vent. Un petit chef d'oeuvre.

Note Finale : 19/20

Site Officiel, Facebook

Ou Acheter cd bijou folk ?

- Oubliez les grandes enseignes et procurer vous l'album à excellent prix (13 euros frais d'envois compris, avouez, c'est quasi donné pour ce digipak 3 volets qui inclut les lyrics) sur l'excellent label bordelais Talitres.

- Mais si "vous préférez entasser les mp3's comme des pommes" (dixit, à juste titre, Sean de Talitres) c'est ici Emily Jane White - Victorian America



lundi 20 octobre 2008

2008 - Emily Jane White - Dark Undercoat - Reviews - Chronique d'une jeune folkeuse qui possède la trempe des toutes grandes



dark undercoat by Sabine De Greef on Grooveshark

Je vous en avais déjà parlé il y a deux mois mais cela fait presque une demie année que j'ai sympathisé avec la musique d'Emily Jane White, bien avant l'ébullition de la blogosphère francophone à son encontre, c'était sur le site d'Armando : dubleudansmesnuages. Sorti sur le label Double Negative en 2007, il a été réédité par Talitres en avril 2008, ce qui m'a permis de me procurer plus facilement cette copie (en France, en Belgique, il faut commander, ce n'est pas une blague!). Je n'ai pas l'envie d'épiloguer davantage sur celle que je considère comme l'une des plus importantes découvertes folk féminin (avec comme critère la sortie de leur premier Lp) de cette année 2008 (avec Laura Marling, Mariee Sioux, Lisa Hannigan et Jessica Lea Mayfield... et sûrement d'autres que j'oublie, mea culpa).

Bessie Smith : "I Would Die In Heaven Just To Meet Your Soul" cette phrase résume l'admiration sans bornes que voue Emily Jane White à cette chanteuse de blues des années 20's et 30's. Poignant et mélancolique, sa musique fluide et douce m'a transportée et émue. Un joyau. Hole In The Middle durcit le ton sur un son plus rêche, moins lisse : les paroles torturées sur le fait d'être américain aux yeux du monde sont d'une grande justesse. Dur, sans concession, magnifique. Dark Undercoat propose un morceau folk éthéré sombre, linéaire dans sa construction, sur lequel Emily hypnotise l'auditeur, lui jette un sort, on en redemande. Dagger est un morceau monumental : très minimaliste dans sa structure : quelques accords de guitare réverbérés et cette voix entêtante, l'émotion qu'elle insuffle à ce morceaux procure des frissons immédiats. Time On Your Side est le morceau peut être le moins sombre : si les paroles ne sont pas des plus positives, une dose de légèreté est amenée par le jeu de guitare acoustique. Joli.

The Demon met de nouveau en évidence cette sobriété qui caractérise la musique d'Emily : un piano réverbéré (qui donne un aspect légèrement gothique) / voix qui rend ce morceau, d'une beauté glaciale, somptueuse. Sleeping Dead est le premier vrai morceau que l'on peut qualifier de clairement folk/blues : sombre et habité par les fantômes, c'est un bijou. Blue, il est vrai n'est pas sans rappeler l'excellente Alela Diane, un folk minimaliste, transcendé par une Emily désabusée. Wild Tigers I Have Know est un chef d'oeuvre qui constitue l'apogée de cet opus : un piano/voix rempli à la fois de tristesse et de réalisme. Bouleversant. Two Shots To The Head clôture sur une touche à la fois douce (la musique de fond) et froide (les paroles qui traitent de la mort), un mélange qui donne un résultat superbe.

Un album sombre avec un petit côté dépressif à ne pas mettre dans toutes les mains. Emily Jane White fait preuve d'une maturité et d'un sens du réalisme redoutable concernant la nature humaine et les démons qui l'affectent, les paroles sont assez crues et morbides mais le tout est tempéré par la douceur des arrangements qui de temps en temps font songer à Mazzy Star ou à Cat Power. Cependant, Emily impose sa propre personnalité, à l'instar de la découverte d'Alela Diane l'an passé, elle s'impose définitivement avec un album magnifique et bouleversant. On vous l'a surêment déjà affirmer mais je le répète : si vous êtes amateur de folk music, ne passez pas à côté de cet album qui a marqué d'une pierre blanche l'année 2008.

Note Finale : 18,5/20

Site Officiel, MySpace

Ou Acheter cette merveille ?


Talitres, Important Records

Emily Jane White - Dark Undercoat



mardi 15 juillet 2008

Découverte - Emily Jane White / Lotte Kestner - Deux folkeuses qui font rimer la musique avec les mots atmosphérique, évanescent, incandescent

Emily Jane White - Un premier opus Dark Undercoat hypnotisant

Depuis quelques mois, cette jeune américaine Emily Jane White fait l'objet d'un buzz qui se fait chaque jour un peu plus assourdissant, la raison ? Cette petite soeur musicale de Cat Power nous offre un premier album Dark Undercoat, sorti en avril 2008, il vient de bénéficier d'une sortie officielle en Belgique que cette semaine... en attendant une chronique légèrement plus volumineuse sur cet album, qui peut se révéler comme l'une des meilleures sorties folk de l'année 2008, je vous fais partager quelques chansons de son folk vaporeux et étourdissant qui flirte par moments avec Mazzy Star :

Dark Undercoat ou ici :



Bessie Smith ou ici :



Wild Tigers I Have Known ou ici :



En vidéos :

Wild Tigers I Have Known :


Dagger :


Lotte Kestner - China Mountain - Le premier solo aérien de la chanteuse du groupe Trespassers William

Par où commencer, quand on découvre une chanteuse Anna-Lynne Williams qui utilise le nom d'un personnage (qui l'a marqué) de Lotte Kestner issue du roman culte (et incontournable) Les Soufrances du Jeune Werther du romantique Goethe et qui fait aussi partie d'un groupe méconnu dans nos fameuses contrées lointaines du nom de Trespassers William ?

On reprend les choses à zéro pour être compréhensible. Trespassers William est un groupe d'indie rock qui reprend les choses là où elles se sont arrêtées pour Mazzy Star (et sa chanteuse charismatique Hope Sandoval) : des ambiances vaporeuses, évanescentes, atmosphériques sur fond d'une voix sublime (Anna-Lynne Williams). Trois albums : Anchor (1999, épuisé mais encore disponible sur le net pour les petits futés, enfin pas besoin de l'être de trop je l'ai trouvé assez facilement, il suffit de taper les mots magiques sur un moteur de recherche, si vous me suivez...), Different Stars (2002) : album qui les a fait décollé, une superbe réussite et Having (2006) : il ne surpasse pas Different Stars mais conforte leur leadership sur la scène dreampop accessible mais de qualité.

Pour vous faire une idée :

Lie In The Sound (issue de Different Stars) :


Love Is Blindness (issue de Different Stars, il s'agit une reprise de U2 issue de leur album Achtung Baby, 2001) :


Different Stars (issue de Different Stars) :


My Hands Up (issue de Having) :


Et ce n'est pas fini, un nouvel opus va prochainement sortir : The Natural Order Of Things qui est en attente d'un label (incroyable). Deux nouveaux morceaux peuvent être écouter sur leur MySpace : Sparrow et Catch Not Break délicieusement addictifs pour la détente.

Pour en revenir à l'essence de l'article c'est bien de la chanteuse Anna-Lynne Williams et de son projet Lotte Kestner dont je parle (euh vraiment ?), le premier album China Mountain est absolument introuvable dans les pays francophones, rien de neuf sous le soleil.

Cependant il serait dommage de se passer d'une si jolie et délicate oeuvre : Anna nous enveloppe de sa caressante et divine voix sur des airs folk/dream pop à vous faire fondre votre petit coeur... Dès que je suis tombée sur son Myspace (qui propose d'écouter une bonne partie de cet album), je suis tombée in love de la belle enchanteresse.

Crush The Bird :


Temperature :


Lula Boat :


Dans les commentaires, vous trouverez de quoi satisfaire votre curiosité en ce qui concerne Lotte Kester et le groupe Trespassers William.

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