Je me faisais une joie particulière pour ce troisième album studio de John Legend. Après Get Lifted un début très prometteur en 2004 et surtout un deuxième album plus pop mais toujours aussi excitant voir plus Once Again en 2006 (j'en ai parlé icidans le cadre de son live in Philadephia sorti début 2008), le troisième album Evolver sorti en octobre 2008 se devait de combler les attentes des amateurs de ce chanteur, l'un des plus grands espoirs de la scène R&B/Soul américaine.
J'ai attendu pas mal de temps afin de faire sa chronique car je n'arrivais pas à aborder cet album sous un angle un tant soi peu objectif : en effet, nous ne pouvons qu'être déçu par l'aspect plus que jamais pop mainstream pris par John Legend. Passée cette déception à propos de ce ce changement de style qui finalement s'amorçait déjà sur le deuxième opus, il y a tout de même d'excellentes choses. Après une intro en douceur Good Morning, la machinerie lourde arrive avec Green Light la production de mon chouchou Andre 3000, certe le son reste pop/électro dans la lignée des productions d'Outkast mais cela va parfaitement à la voix de John. Cette chanson très sexy met en valeur son sublime falsetto sur les refrains. Très hot et j'adore.
It's Over, production des Neptunes, est également un petit bijou groovy et fluide à souhaits. Très cool, j'adore également. Everybody Knows ne démérite pas mais je ne peux m'empêcher de me dire que cela a déjà été entendu dans le répertoire de John, en meilleur même peut être. C'est une joli ballade au tempo accéléré mais sans plus étant donné que c'est un peu cousu de fil blanc. J'aurai préféré être davantage enthousiaste mais je n'y arrive pas. Quickly avec en featuring Brandy ne déçoit pas contrairement à ce que je pensais, j'admire Brandy et sa belle voix mais son répertoire est d'un ennui profond. Et ce featuring qui est une chanson pop synthétique est vraiment pas mal, j'apprécie beaucoup. Cross The Line mélange musique soul classique et cette sorte de musique du sud américain qui possède une vibe électro (Nelly et Usher sont des adeptes du genre) et bien que le résultat n'est pas extraordinaire c'est tout de même loin des crapitudes d'Usher car John Legend apporte sa soul.
Une de mes préférées est No Other Love qui surfe de façon magique sur un rythme ensoleillé reggae. Dépaysant. This Time est la première ballade vraiment réussie de cet opus, la voix parfaite de John donne vie au magnifique instrumental aérien et à de très belles paroles. Sublime tout simplement. Sexy et sensuel le lascif Satisfaction n'est pas des plus originals mais une fois de plus John fait la différence par rapport à ses concurrents. Facile dans sa conception Take Me Away ne peut s'empêcher de séduire l'auditeur de façon exquise. Good Morning est la suite logique de l'intro. Enchanteur et charmant, la sensation de planer n'est pas loin. Délicieux. I Love You Love n'est pas mauvais mais plutôt brouillon, agréable sans plus. If You're Out There fait légèrement dans la saccharine, too much is too much, cela en est presque dégoulinant. Désolée pour Obama qu'il ait du se taper un truc aussi guimauve. J'ai presque envie d'oublier les deux dernière pistes : Can't Be My Lover (plus ou moins acceptable sans le ragga du début) et It's Over le Remix (abominable et inutile) tant elles ne reflètent pas le talent de John. J'oublie, je zappe cette fin d'album mauvaise.
75/100 : et je pense encore avoir été un brin trop généreuse car j'aime beaucoup les albums qui s'écoutent de façon agréable d'un bout à l'autre et cela n'a pas été le cas ici, les 4 dernière songs sont clairement de trop sans oublier une ou deux chansons trop banales. John Legend accuse un sérieux coup de mou même si la plupart des chansons sont vraiment bonnes. Attention au prochain faux pas, je ne serai pas aussi coulante.
Maxwell : sa trilogie postposée depuis plusieurs années et une première apparition le 24 juin 2008 à la télé pour les BET Awards pour un hommage à Al Green : une reprise de Simply Beautiful retournante
D'abord un petit mot sur mon chouchou : Maxwell. Je l'ai découvert il y a quelques années maintenant et je ne me lasse d'écouter ses albums : un premier album Maxwell's Urban Hang Suite (1996) qui avec l'aide de Stuart Mathewman (Sade) et Leon Ware (producteur du fameux I Want You de Marvin Gaye) a propulsé Maxwell comme l'un des plus beaux espoirs de la nu-soul : une pincée funky de Prince, la touche de fragilité et d'intensité de Marvin Gaye ainsi que la douce sensualité de Sade et le tour est joué : une légende est née. Les singles tels que Ascencion (ici la vidéo), Whenever Wherever Whatever (ici la vidéo) et ...Til The Cops Knockin' (ici la vidéo) font exploser sa notoriété auprès d'un public assez large.
...Til the cops knockin' :
Lonely's the only company (I&II) (d'une douceur...) :
Par la suite il surpendra son public plus d'une fois : un deuxième album sous forme de MTV Unplugged (1997) dans lequel il reprendra des artistes aussi éloignés de son répertoire que Kate Bush (This Woman's Work) (ici la vidéo) et Nine Inch Nails (Gotta Get Closer)(ici la vidéo).
This Woman's Work (une reprise éblouissante) :
Son deuxième (vrai) opus Embrya apparaît en 1998 et de nouveau aussi surprenant que réussi Maxwell ne se trouve jamais ou on l'attend : musique douce, sensuelle, carressante presque lounge très influencée par Sade et une ryhtmique latine. Malgré des critiques mitigées, Maxwell ose expérimenter (selon moi c'est peut être son meilleure opus).
Luxury : Cococure :
Maxwell cependant, un peu échaudé par les critiques et ne voulant définitivement pas se mettre à dos une partie de ses fans (large public), revient pour son troisème opus studio Now (2001), à une recette plus classique dans la droite lignée de son premier opus : mid-tempos bien rodés et ballades oncteuses : il fait de nouveau l'unanimité et sera emmené dans les charts par les singles suivants : Get To Know Ya (ici la vidéo) et Lifetime (ici la vidéo).
Unknown Symptom (une de mes chansons préférées tout court, très mélancolique) :
Depuis 2001, Maxwell a quasiment disparu de la scène musical (hormis quelques participations) et cela fait maintenant 2 ans qu'il nous promet une trilogie musicale dénommée Black Summer's Night, sur son Myspace, depuis près d'un an, traîne un snippet d'un peu plus d'une minute prometteur mais beaucoup trop court :
Pretty Wings :
Mais ô quelle belle surprise, le 24 juin 2008, il a fait une apparition, très remarqué, aux BET Awards lors d'un hommage à Al Green qu'il a partagé avec Jill Scott et Anthony Hamilton : en troisième partie de l'hommage il est apparu sous les acclamations du public pour reprendre Simply Beautiful, un moment exceptionnel : il a démontré que musicalement il est toujours à la page et sa voix n'a pas changé d'un iota toujours aussi douce, sensuelle, ô combien paradisiaque :
Le premier album de la trilogie devrait apparaître cette année : qui sait ? Cette apparition devrait booster la parution en tous les cas.
Rashaan Patterson : son nouveau projet : son groupe SugaRush Beat Company fait déjà des émules avec un premier extrait Love et un album prévu à la rentrée. Le génie de la nu-soul n'a pas finit de faire parler de lui
Mais qui est Rahsaan Patterson ? Illustre inconnu pour beaucoup, il représente depuis la (presque) disparition de Maxwell et D'Angelo de la scène musicale, le musicien le plus doué de cette génération nu-soul issue de la vague des années 90's. Une plume fantastique et une voix surréaliste sont les qualités essentielles de ce grand monsieur.
A son actif 4 albums tous incontournables qui mêle les influences de Stevie Wonder et surtout de Prince : Rahsaan Patterson (1997), Love In Stereo (199), After Hours (2004) et Wines & Spirits (2007).
My Sweatheart (issue du premier opus eponyme) :
Friends Of Mine (issue de Love In Stereo) :
So Hot (issue de After Hours) :
Oh Lord (Take Me Back) (issue de Wines & Spirits) :
Je ne m'étends pas davantage car je chroniquerai très bientôt l'un des meilleurs albums de soul sorti l'an passé : Wines & Spirits.
Rahsaan est sans cesse à la recherche de sons différents et cette année il fait partie d'un groupe dénommé SugaRush Beat Company avec Ida Corr (chanteuse également) et le producteur Jaz Rodgers. Ce groupe alternatif veut apporter un vent de fraîcheur à la soul un peu à l'image de Lucy Pearl (ex groupe de Raphael Saadiq) et de Gnarls Barkley. Le premier extrait Love est tout simplement une tuerie :
Love :
Love :
Un version de Love (Live) : sublissime :
Un autre extrait They Said (Live) : ce morceau se démarque clairement par son côté très outkastien :
Leur premier album devrait sortir entre la mi-août et la mi-septembre 2008, voir leur site officiel ici.
D'Angelo : Son contrat racheté par J Record à Virgin, celui-ci devrait sortir 8 ans après le succeseur de Voodoo... Il faudra le voir pour y croire.
D'Angelo, son doux nom laisse rêveur : en 1995 sort son premier opus Brown Sugar et de suite il est désigné comme le successeur de Marvin Gaye, son premier album, son premier chef d'oeuvre avec des morceau tels que Lady, Brown Sugar, Cruisin' c'est la consécration.
Cruisin' :
Me and Those Dreamin' Eyes of Mine :
Il faudra 5 ans pour donner un successeur : Voodoo (2000) vient asseoir définitivement son aura exceptionnelle sur la scène nu-soul américaine : de nouveau chef d'oeuvre avec le fameux morceau doté d'une vidéo (ici) très hot de Untitled (How Does It Feel).
Untitled (How Does It Feel) :
Depuis peu de nouvelles (quelques collaborations et frasques) et un projet James River avec le producteur ?uestlove (The Roots) avorté. Cependant cette année 2008 semble être la bonne pour un retour avec aux manette le producteur très occupé Raphael Saadiq et ?uestlove, en attendant The Best So Far vient de sortir fin juin 2008, un best of agrémenté de quelques inédits pour patienter...
Raphael Saadiq : l'un des musiciens de soul music les plus importants de notre ère revient avec un troisème album studio qui s'annonce très prometteur, une plongée dans les années 60's...
Fondateur du New Jack Swing avec son groupe Tony! Toni! Toné! à la fin des années 80's il est essentiellement connu pour son impressionnant travail de producteur (D'Angelo, Joss Stone, Kelis, Marcus Miller, The Roots, Jill Scott, etc.) mais a entame depuis 2002 une carrière solo des plus intéressantes avec un son nu-soul affirmé et des influences telles que Curtis Mayfiled ou Shuggie Otis et Chic : Instant Vintage (2002), Ray Ray (2004) et All Hits At The House Of Blues (2005).
Be Here (feauturing D'Angelo)(issue d'Instant Vintage) :
Grown Folks (issue de Ray Ray) :
Il revient cette année 2008 avec un album The Way I See Itqui sortira dans le courant de l'année mais le premier morceau vient d'être leaké Love That Girl avec en toile de fond la musique soul des années 60's :
Love That Girl (une bombe):
Un nouvel extrait I Like It (un autre bombe) avec en featuring Stevie Wonder en écoute ici.
John Legend : le retour du dandy va faire mal, son album Evolver qui sortira à l'automne fait déjà parler de lui avec un premier teaser Green Light : une collaboration explosive avec Andre 3000 (Outkatst)
Je vous en avait déjà parler ici de la discographie et du dernier Live de ce grand monsieur de la soul mainstream de qualité. Il revient cet automne avec Evolver : aux commandes The Neptunes, Andre 300, Kanye West, Cee-Lo, etc. Premier extrait up tempo : Green Light.
Green Light (featuring Andre 3000) :
Robin Thicke : celui qui suit de près John Legend dans la soul mainstream vient peut être de rattraper son rival avec un premier extrait Magic aux sonorités très Marvin Gaye
En 2000 est apparu un drôle de bonhomme Thicke avec un album aussi strange que son nom Cherry Blue Skies ré-édité en 2003 sous le nom de A Beautiful World avec le single When You Get Alone (ici la vidéo), un album brouillon mais prometteur qui n'a pas rencontré son public. Mais le monsieur est ambitieux et sa rencontre avec Pharrell Williams va à jamais changé sa carrière musicale avec l'excellent premier single Wanna Love U Girl de son deuxième opus The Evolution Of Robin Thicke (2006). Un deuxième opus qui se révèle dans l'intégralité de son écoute, certainement une des meilleures sorties de soul music de 2006 n'en déplaisent aux détracteurs qui le comparent injustemment à Justin Timberlake à cause du timbre de voix similaire.
2008 pourrait être son année, un premier excellent extrait Magic qui utilise le sample Feel Good de Marvin Gaye provoque déjà une polémique sur le "pillage" mais je n'en n'ai que faire de ces querelles de clocher (c'est chaque fois pareil dès qu'un blanc se permet de chanter de la soul) car son nouvel opus Something Else sortira dans le courant de l'été...
Magic :
Merci au site Mysoul.fr et à son équipe : Emily et Sonia pour toutes ces infos.
Tracklisting : 01. Do U Wanna Ride 02. Heaven 03. Stereo
04. Let's Get Lifted 05. Alright 06. Number One 07. Save Room
08. Where Is The Love (featuring Corinne Bailey Rae)
09. I Can Change 10. I Want You (She's So Heavy)
11. Slow Dance
12. Dance To The Music 13. Again
14. P.D.A. (We Just Don’t Care) / Feel Like Makin' Love Medley 15. Used To Love U 16. Ordinary People
17. Coming Home
18. Show Me (Encore)
19. So High (Encore)
John Legend représente, selon moi à l'heure actuelle, le seul capable de réconcilier les adeptes du R'n'B commercial (R. Kelly, Usher, etc. bon et je ne cite que les meilleurs... ) et ceux qui apprécient un R'n'B plus exigeant, plus orienté nu-soul (D'angelo, Maxwell, Rahsaan Patterson, etc.). Je me souviens parfaitement de la toute première fois que je l'ai entendu : on ne citait pas encore son nom sur notre continent mais MTV diffusait déjà sa première vidéo I Used To Love U et cela fut un coup de foudre, cette chanson dénonçant le matérialisme outrancier de la gent féminine (ohh il m'a tout de même fait sourire car depuis quand les hommes ne sont pas aussi matérialistes avec leurs grosses voitures hors de prix et leur utilisation de l'image des femmes comme un étendard ?) m'a de suite fait succombé à son charme : cette voix avec ce grain de voix un peu éraillé et surtout très soulful (dans la droite lignée des grandes voix de crooner), ce flow, le rythme entraînant de cette song...
A l'époque il avait déjà travaillé avec du beau monde : Alicia Keys, Jay-Z, Lauryn Hill et j'en passe, à 27 ans Kanye West lui a donné sa chance et un premier album a vu le jour en 2004 : Get Lifted : ce premier album fut encensé par la critique, récolta de nombreux prix et rencontra un succès certain au niveau des ventes mondiales. Il donnait un coup de fraîcheur au R'n'B mainstream avec des qualités proche du néo-soul et en y incorporant des senteurs hip hop, je commençais à en avoir ras-le-bol des jérémiades de R. Kelly et d'Usher qui se répetaient à n'en plus finir... Les meilleures chansons de cet album sont : Let's Get Lifted, Ordinary People, So High (assez proche de l'univers de Maxwell), She Don't Have To Know, Number One, bref difficile de trouver une mauvaise track mais...
Ce qui est le plus bizarre c'est que pour son deuxième opus Once Again sorti en 2006, de 1. la sortie de ce deuxième opus a été peu relayé et les médias ont beaucoup critiqué cet album en le prenant en comparaison avec le premier et de 2. moi aussi, sans être déçue, je l'avais écouté à l'époque et je trouvais qu'il était inférieur au premier pourtant j'avais tout faux : sachant que j'étais sur le point de chroniquer prochainement le Live de notre ami John je me suis replongée dans sa discographie (un bien grand mot pour deux albums studios sortis et des Live inédits dans nos contrées lointaines) et j'ai découvert que le deuxième album est en tous points supérieur au premier : il est plus cohérent (l'influence de Kanye West et du hip hop en général se fait moins sentir), chaque chanson est un pur bijou, la lecture des pistes s'enchaînait avec un pur plaisir. En résumé, le ton de l'album est plus doux (presque piano/bar par moments), sensuel et amoureux, John Legend a réellement mûrit entre les deux opus et sa voix de même : il fait beaucoup moins d'effets de style qui agaçent beaucoup les non amateurs de guimauveries et est plus posée, plus sobre. Bref redécouvrir cet album fut une excellente surprise pour mes tympas un peu lassé du premier opus excellent mais un peu lassant sur la longueur... Les meilleures pistes à découvrir : Save Room, Maxine, PDA, Stereo, Show Me, Where Did My Baby Go, Heaven, Each Days Gets Better, Another Again, Coming Home, enfin l'entièreté de l'album mérite votre attention... je n'hésite pas à affirmer que cet album qui oscille entre pop, R'n'B et nu-soul est un petit chef d'oeuvre du genre.
Do You wanna Ride ouvre ce Live : une invitation à son concert, c'est accepté avec joie (cette chanson/collaboration se retrouve sur l'album Kingdom Comes de 2006 de Jay-Z). Heaven (issue de Once Again) prend toute sa dimension avec le Live Band : plus old school que jamais John legend arpente cette chanson à un rythme d'enfer, les choeurs apportent une belle profondeur à l'ensemble. Stereo (issue de Once Again) est une de mes chansons préférées concernant le catalogue mid/ip tempo du monsieur et j'avais peut d'être un peu déçue du résulat car souvent ce type de chanson est massacré en Live, ici il n'en n'est rien : John assure, c'est lui qui mène la danse avec son piano à un rythme infernal, quel punch ! Lets' Get Lifted (issue de Get Lifted) en Live c'est presque mieux : un son plus organique, un sans faute de John Legend sur ce mid tempo R'n'B, une belle réussite. Alright (issue de Get Lifted) un autre mid tempo matiné de hip hop sur son premier album sonne désormais soul, une belle implication de John niveau interprétation sur ce morceau qui gagne en inténsité avec les choeurs.
Number One (issue de Get Lifted) ne bénéficie pas de la participation de Kanye West et ne perd en rien de sa qualité niveau interprétation mais le bas blesse niveau arrangements musicaux car le morceau perd le côté groovy irrésistible de la version originale. Dommage mais je m'en remettrai... Save Room (issue de Once Again) est une chanson soulful sur les rapports amoureux et sur l'attachement, superbe à l'origine elle gagne encore niveau soul en Live, John apporte une belle interprétation nuancée et fait même partager son public, un vrai showman. Where Is The Love avec en featuring la délicieuse Corinne Bailey Rae est un titre inédit (à l'origine c'est un titre de Roberta Flack and Donny Hathaway) qui nous procure un très beau moment, un duo plein de tendresse qui s'accorde parfaitement.
I Can Change (issue de Get Lifted) est une chanson à la base influençée par la soul, le hip hop et le gospel, une fois de plus la version Live apporte une énergie et une montée en puissance parfaites. I Want You est le deuxième inédit de cet opus (une reprise de Beatles) sans complexe John délivre une prestation énergique et sensuelle, à noter que l'orchestration du morceau est top niveau. Slow Dance (issue de Once Again) offre un beau moment de groove et de relaxation, John de nouveau parle à son public puis reprend sensuellement l'ascension de son morceau. Un délice. Dance To The Music est le troisième morceau inédit (une reprise du groupe légendaire funky/psychédélique Sly & the Family Stone), cela funk de tous les côté, John accompagnée d'une de ses choristes - Jessyca Wilson si je ne me trompe - assurent le spectacle de très belle manière, on sent le public conquis, mention particulière pour le Live Band.
Again (issue de Get Lifted) est la vraie première ballade de ce Live, c'est entre John et son piano que cela se passe et le soulman s'en tire avec les honneurs, il n'est jamais meilleur que dans les moments d'intimité qui mettent en valeur sa capacité à toucher, à transmettre des émotions. Magnifique. P.D.A. (We Just Don’t Care) (issue de Once Again)/Feel Like Makin' LoveMedley John a décidé de mêler sa chanson (ode au voyeurisme...) à une chanson sensuelle de Roberta Flack : au départ le rythme un peu syncopé n'est pas toujours des plus agréables à l'écoute mais une fois la chanson de Roberta Flack amorcée le rythme devient plus fluide et groovy, il se rattrape très bien... Used To Love U (issue de Get Lifted) est la première chanson qui l'a fait connaître devant le grand public. Cette chanson au départ aux influences hip hop devient plus soulful en Live, John assure le niveau très rapide du flow original, c'est par-fait de bout en bout avec une touche reggae.
Le Live finit en douceur avec les chansons suivantes : Ordinary People (issue de Get Lifted) est la chanson qui l'a consacré, John Legend offre une interprétation tout en douceur et en émotions, des frissons m'ont parcourus l'échine, un plaisir de redécouvrir cette chanson en Live, le courant passe très bien entre John et ses spectateurs, un moment magique. Coming Home était une de mes chansons préférées sur Once Again, centrée sur l'Irak cette chanson jamais sirupeuse mais émotionellement intense est aussi réussie en Live, John assure une interprétation boulversante. Un superbe moment. Show Me (issue de Once Again) est également une chanson que j'affectionne tout particulièrement, pour l'interprétation tout en douceur et en nuance de John, ne déçoit pas en Live que du contraire : la douceur et la simplicité sont au rendez-vous, un autre highlight de cet opus Live à écouter. So High (issue de Get Lifted) clôt la setlist avec brio : le rythme au départ ouaté prend forme au fur et à mesure avec des guitares et des choeurs en grande forme pour finir en douceur.
Mis à part deux ou trois chansons qui ont bénéficié d'arrangements qui ne me reviennent (avis personnel) pas ce Live démontrent incontestablement les qualités énergiques de showman de John Legend sur les morceaux au rythme endiablé mais pas que cela : sur les ballades, il brille plus que jamais en faisant transmettre des émotions pas toujours évidentes en Live (et encore moins quand on ne s'est pas rendu à son concert), il n'a pas besoin d'un Live Band pour être à son top, lui et un piano avec quelques choeurs et des arrangements discrets, à ces moments là, il touche à la perfection, aux autres, il veut en jeter plein la vue (les oreilles) pour le plus grand plaisir des spectateurs et pour notre joie d'auditeur. Avec peu de matériel original (uniquement deux albums) il arrive à imposer son style en Live et à nous procurer de la musique de qualité sur des arrangements (en majorité) réussis et vibrants ainsi qu'une atomsphère Live positive et emballante. Un Live indispensable pour les amateurs de celui qui se nomme Legend, John Legend. Et ce n'est pas finit l'année 2008 s'annonce riche car dans le courant 2008 un album studio devrait voir le jour... on en reparlera de cette (future) légende. 80/100 : un très bon Live pour les amateurs du Monsieur.