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vendredi 23 octobre 2009

2009 - Signe Tollefsen - Opus Eponyme - Review - Chronique d'une artiste à la voix subjuguante






Après les merveilles amenées par Alela Diane, Lhasa, Emily Jane White, Bill Calahan, Bosque Brown, Eilen Jewell, Neko Case et d'autres que j'oublie très certainement, on peut avancer que le style folk/americana est loin d'être entérré en 2009. Mais voici que les européens s'y mettent prêts à égaler voir dépasser leurs maîtres : The Limes, Haruko et la dernière arrivée en date la magnifique néerlandaise Signe Tollefsen fait une entrée fracassante sur la scène folk avec un premier album éponyme sorti fin septembre 2009. Depuis que je l'ai acheté il y a donc quelques semaine, je l'écoute avec le même émerveillement à chaque fois : mais comment peux-t-on faire un premier album aussi mémorable et abouti ? Une partie de la réponse se trouve dans son parcours. Née d'un père américain et d'une mère néerlandaise, Signe chante depuis sa tendre enfance et a appris la guitare lors de son adolescence. Ensuite, elle étudiera la musique et le chant en Angleterre avant de revenir parfaire ses études au conservatoire d'Amsterdam. Sans oublier, que cette dernière a participé à quelques concerts en compagnie d'artistes aussi prestigieux qu'Alela Diane ou Ane Brun et a remporté en 2006 les prix du public et du meilleur musicien aux the Grolsch Grote Prijs des Pays-Bas qui honorent les meilleurs espoirs de la musique alternative.

Un sacré background pour quelque qui n'a pas encore passé la trentaine. J'ai été estomaquée par la maturité et la maîtrise de la voix de Signe. Une voix élégiaque, splendide capable des plus belles nuances et de monter dans les aigus de façon étonnante. L'univers musical de Signe vaut également le détour : assez personnelles et mélancoliques, ses belles compositions s'imposent avec naturel et aplomb. Il suffit d'écouter le morceau d'ouverture It Smells Of You. Une merveille du country alternatif crépusculaire qui donne déjà quelques frissons. Un futur classique ? Ce que j'aime sur History Class c'est son jeu de guitare particulièrement dynamique, sa douceur, ses choeurs angéliques, le résultat est sublime. You, Me & The Brewers est une chanson qui a déjà quelques années d'existence, elle sonne comme un classique instantané. Un petit chef d'oeuvre de mélancolie désabusée. Jeff est un peu plus léger, spontané et simple. Rafraîchissant.

Plus sombre et ténébreux Hooked (you spit in my whiskey) offre un beau crescendo, d'abord murmurré par Signe pour aboutir à une fin plus rock et dark. Tout simplement somptueux. King Of The Fire est la chanson qui m'a le plus marqué de l'artiste, c'est sans doute pour son intensité, ces montées en aigus mirifiques dans le refrain, nouveau petit chef d'oeuvre incontournable. Sur une note plus bohème et festive, le refrain heartbreaker de Mama reste encore longtemps dans la tête après avoir fini de l'écouter. Il en est de même avec la douce et triste ritournelle My Old Man. Le genre de morceau que l'on écoute à la tombée de la nuit autour d'un bon feu. Plus entreprenant, Sweet Tears est un highlight de qualité avec une belle envolée lyrique. Up To No Good ressemble à une charmante lullaby sombre et reposante. La superbe ballade It Was Ooo est ensorcelant et l'acoustique Oh My ! est un petit bijou folk sur lequel Signe brille encore vocalement mais la fin de l'album se présente déjà sous la forme de This Is It. Une fin à la fois triste et splendide.

Un premier album prodigieux. Un premier essai qui restera un des plus réussis de 2009.

Note Finale : 19/20

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Signe Tollefsen - Signe Tollefsen

jeudi 22 octobre 2009

2009 - Jessica Says - We Need To Talk - Review - Chronique d'une voix qui scintille






L'Australie regorge d'artistes qui ne demandent qu'à être découvert et Jessica Venables alias Jessica Says en est la preuve vivante. Cette toute jeune femme de 21 ans, violoncelliste virtuose de son état (elle a fait partie du Melbourne Youth Orchestra et a même accompagné le groupe Belle and Sebastian il y a de cela plusieurs années en tournée) possède une voix absolument sublime qui m'a émue : sensible, fragile, aiguë, elle me fait songer à une jeune Kate Bush ou encore à la "nouvelle" Emilie Simon. J'ai de suite accroché à sa musique à la fois très boisée et sophistiquée. Son premier album We Need To Talk sorti cette année met en avant une musique piano/voix/cordes (au sens général) sans artifices pour un premier essai qui dévoile ses charmes au fil des écoutes.

L'album pris dans son entièreté est bien équilibré : les arrangements de cordes lui donnent ses lettres de noblesse au même titre que le chant touchant de Jessica, ses compositions intimistes et sensuelles ainsi que la très classieuse production pop de Geoff O’Connor (The Crayon Fields). Je vous conseille avec ferveur de jeter une oreille à l'ensemble de l'album dans de bonnes conditions (au calme) mais pour les plus pressés ou réticents voici mes highlights personnels : Les trois premières chansons forment un beau trio gagnant : le délicat The Sleeping One Beside Me, l'enchanteur I'll Set The Night Upon You (avec en guest la sublime Sally Seltmann alias New Buffalo pour les choeurs angéliques) et la belle fluidité qui anime His Mother's Ring procurant quelques beaux frissons de plaisir. Sans oublier le magnifique et hypnotique Some Graceful Kind Of Silence, Up Amongst The Dark et Apple Cores And Lemon Rind pour les amateurs des travaux de Tori Amos période Little Earthquakes.

Un premier album très abouti qui met en avant une très jeune artiste qui construit peu à peu son univers musical personnel. Ses vocalises sont particulièrement belles. Un des meilleurs débuts de 2009.

Note Finale : 16,5/20

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2007 - New Buffalo - Somewhere, Anywhere - Review - Chronique d'une artiste qui vogue sur son piano enchanteur





Ce nom ne vous dit rien ? Pourtant, sans la collaboration de New Buffalo alias Sally Seltmann, le tube de Feist qui a fait le tour de la planète 1, 2, 3, 4 n'aurait sans doute jamais vu le jour. Cela fait un peu moins de deux ans depuis la découverte de l'univers musical de la belle australienne sans avoir pris encore le temps d'écrire une ligne sur elle (d'ailleurs pas un seul francophone sur le web n'a pris le temps d'écrire un article sur elle), une vraie honte pour cette artiste très talentueuse mais encore trop méconnue auprès du public européen. Après un premier album magistral The Last Beautiful Day (2004) qui mêlait avec justesse instruments électroniques incongrus et folk léché d'une finesse redoutable, elle est revenue en 2007 avec un second opus Somewhere, Anywhere qu'elle a enregistré et produit toute seule dans son studio.

Ce qui frappe de prime abord, c'est la voix angélique de Sally : très douce, posée, légère comme un nuage et pourtant si entêtante. Ensuite, sur ce nouvel opus, Sally laisse de côté les expérimentations pour un album plus simple, plus direct qui laisse la part belle à de magnifiques mélodies rehaussées par sa douce voix frissonnante et son piano réverbéré. L'ensemble de l'album très homogène est d'une beauté à couper le souffle. Je peux mettre en avant le single captivant et subtil Cheer Me Up Thank You, le finement psychédélique It's True, le mélancolique et sombre Stay With Us capable de faire pleurer les pierres, le lumineux et énergisant Emotional Champ, le funèste You've Gone My Friends qui sonne comme un classique de l'acid folk, le somptueux I'm The Drunk And You're The Star, le jazz feutré de It's Got To Be Jean et le morceau à fleur de peau Misery And Mountains, Arrows And Bows. Je vous conseille également de vous procurer la version américaine de cet album qui contient en guise de clôture la bonus track Lobe Limbique qui se termine sur un florilège de notes jazzy à couper le souffle.

Un deuxième album aérien qui atteste du petit génie qui habite Sally Seltmann, un retour début 2010 devrait la consacrer à un public un peu moins restreint.

Note Finale : 17,5/20

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mercredi 21 octobre 2009

Coup de Coeur - Thea Hjelmeland - Grâce et hypnotisme à l'honneur



Depuis plusieur semaines, j'écoute en boucle ce morceau Perfume de l'angélique norvégienne Thea Hjelmeland. Cette multi instrumentaliste, souvent accompagnée d'une mandoline ou d'un ukulélé, sortira bientôt un premier album. J'ai hâte de connaître la suite.

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lundi 19 octobre 2009

2009 - Kristina Train - Spilt Milk - Review - Chronique d'une newcomer soul au charme ravageur



Ceci est la pochette de l'advance version



Ceci est la pochette définitive



Une nouvelle signature chez Blue Note, cela intrigue toujours, non ? Après tout, ce label légendaire a relancé le jazz façon "mainstream" en la personne de Norah Jones (qui sortira d'ailleurs son nouvel album The Fall en novembre, trop hâte d'y être !) et si ce sont les anglais qui ont remporté la mise en remettant la pop/soul vintage en avant pour le meilleur : Alice Russell, Amy Winehouse, Joss Stone et le pire : Duffy ou encore Adele, c'est avec la nouvelle venue Kristina Train qu'il va falloir désormais compter ! En effet, cela a été le coup de foudre immédiat avec sa voix qui est époustouflante, très loin des gimmicks d'Adele et de Duffy, on ressent le naturel chez Kristina car elle est habitée par la soul blanche un peu dans la même veine que Dusty Springfield sur son album mythique Dusty in Memphis (1969). Kristina chante la soul, le blues avec ses tripes à travers de sa fabuleuse voix grave légèrement enrouée de superbes compositions aux arrangements luxuriants remémorant les travaux de Bacharach, d'ailleurs, il n'est pas étonnant de retrouver aux manettes de l'album : le producteur Jimmy Hogwarth (Duffy, etc.) et Eg White (Adele, etc.) co-auteur avec Kristina sur la plupart des morceaux.

Au-delà de la Voix et des arrangements, l'album est très solide offrant à Kristina un superbe premier album Spilt Milk très abouti qui sortira demain chez tous les bon disquaires. Début assez cool avec le début de Spilt Milk avant de décoller sur un refrain de velours. Une ouverture voluptueuse qui se poursuit avec le très accrocheur No Man's Land. Le refrain de ce morceau ne veut plus me quitter depuis quelques semaines. On se sent pousser des ailes avec Don't Remember qui offre aussi un refrain mémorable, des arrangements de cuivres à se damner, c'est le pied. Ma chanson préférée de l'album est sans doute le sombre et mélancolique Don't Beg For Love, première piste plus sobrement arrangée qui offre un bel écrin pour l'émotion. Une pépite. It's Over Now qui renoue avec les arrangements dynamiques sonne un peu comme un vieux classique, c'est délicieux et incontournable. Le romantique et désabusé You're Still Going To Lose ne vous laissera pas de marbre grâce à sa production plus moderne tandis que l'aérien Moon, Rivers and Such est une bénédiction pour les oreilles. Un peu de gospel sur le subtil et bluesy I Can't But Help. Sublime. Refrain en puissance également sur le beau Call In The Maker tandis que le délicat Half Light offre davantage de raffinnement. Une petite merveille. l'album se referme sur l'énergique et bouillonnant Far From The Country.

Un premier album excellent qui même s'il se base sur une recette relativement répétitive (refrains très accrocheurs et doté d'une vraie puissance émotionnelle) mérite vraiment le détour. Kristina Train devrait devenir rapidement une artiste très en vue. Un nom à retenir.

Note Finale : 14/20

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2009 - Nikki Yanofsky - Ella... of Thee I Swing - Review - Chronique d'un petit prodige





Vous souvenez vous de ce que vous faisiez à 13 ans ? Aviez-vous un talent particulier ? Les "miens" consistaient essentiellement à essayer d'élaborer des plans pour éviter d'aller à mon athénée, à faire des monstrueuses bulles avec mes chewing gums et à lire des livres d'horreur de Stephen King, okay ce ne sont pas des talents ;-). A 13 ans, la jeune beauté canadienne Nikky Yanofsky a enregistré Airmail Special pour l'album hommage : We All Love Ella: Celebrating the First Lady of Song distribué par le prestigieux label Verve et a également sorti son premier album de jazz toujours dans le cadre d'un hommage appuyé à Ella son artiste préférée - Ella... of Thee I Swing enregistré en live le 11 octobre 2007 à la Place des Arts de Montreal. Bien sûr, vous allez me dire que comment peut-on retranscrire les émotions de tous ces classiques du jazz sans réelle expérience de la vie encore évidente, j'irai même dire que ce que fait Nikki aura le don d'horripiler les puristes du genre. Pourtant, cette fille est géniale, aussi jeune soit-elle, elle possède un aplomb, une énergie et une volonté incroyables. Elle m'a touché droit au coeur, j'ai été sensible à sa fraîcheur et à son talent très prometteur.

Qu'en est-il de cet album ? Il n'est pas adressé uniquement aux personnes adultes uniquement attendri par le talent d'une jeune fille qui pourrait être leur fille ou petite fille. Non, cet album ne sent pas la naphtaline. La belle voix claire puissante de Nikki est encore juvénile, à l'avenir, il va sans dire, qu'elle se transformera certainement mais Nikki possède déjà cette étincelle rare qui fait d'elle une graine de superstar, elle est faite pour être connue internationalement, pour briller et éblouir. L'album est un régal, très savoureux et frais, cependant j'ai quelques coups de coeur assez particuliers : l'aérien et tonitruant Swingin' On The Moon, la très émouvante cover de You've Changed sur laquelle Nikki se révèle très subtile, le pétillant Relax Max, le magnifique acoustique et bluesy Hear Me Talkin' to Ya, sa belle version d'At Last qu'elle dédicace à son chien (cela ne s'invente pas), sa superbe interprétation nuancée d'Over The Rainbow et la pureté dégagée par With A Little Help From My Friends.

Une introduction jazzy étonnante pour une future grande voix.

Note Finale : 13/20

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