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vendredi 16 octobre 2009

Interview + Concours - Présentation de Rosie Staf + Un exemplaire de The Little Orchestra à gagner !


The Interview

J'ai choisi de garder l'anglais mais pour ceux qui ne comprennent pas bien l'anglais, vous pouvez traduire l'interview à l'aide Reverso (c'est de loin ce qui se fait de mieux en matière de traduction gratuite).

1) Rosie, could you introduce yourself to my readers ?
Well...I'm a swedish singer and songwriter. My debut album "the little orchestra"was released in Scandinavia this spring.

2) Could you describe you musical career (studies, gigs, musical meetings) and how did you find your current musical style ?
I studied music for four years. I started off with singing jazz and continued with studying classical composition. It gave me the tools to compose my music, but as far as musical style goes, I think my education was perhaps more confusing than developing. I find that the more time that passes since I quit school, the more I go back to the musical ideals I had before I started my education.

3) Which artists inspire you and what do you listen to today ?
I’m inspired by a lot of old music, like Joni Mitchell and Bob Dylan, but I try to keep up to date by listening to other artists of my generation. Right now I listen to Laura Marling, Feist and José Gonzalez, among others. I would love to be really up to date and always know about new artists and their music, but unfortunately it’s impossible to always keep your ears open when you’re in a creative mode yourself.

4) I saw you wrote, arranged and produced all the compositions of your first album Little Orchestra ? How long have you known you wanted to be a musician and was the release of this first album a long process?
I think I have known for a long time, but I guess I didn’t know how and where to start. By making this album I have learned more than I could have learned in any classroom about the music industry and the ways of working as a musician. It has been a longer process than if I had left some of the processes in the hands of others. This way I had to learn about every part of the process, which of course took longer… Just making the cover took a few months! But then I also started my own record label, decided what to call the album, created a graphic profile, started a website and registered the album for release during that same period… So, yes it was a long process. But I learned a lot!

5) You created a band of six musicians for your album rightfully titled Little Orchestra but in current life which instrument(s) do you play?
I don’t really play any instrument very well, which is why I learned to write for others! Haha. The only instrument I really know how to use is my voice. But when I compose I often use either the pianoor the guitar. Hopefully someday I will be brave enough to play the guitar and the piano on stage…

6)Your music is personal and intimate. What are your inspirations ?
I'm inspired by a lot of things. Mostly I reflect upon things I see in my surroundings, things that affect me in one way or another. Sometimes it’s directly from my own life, but it could also be about something I heard on the news. Like in the song Wintery March*.

7) What are you thinking about the emerge of scandinavian talented artists like Ane Brun, Anna Ternheim, Nina Kinert, Jenny Wilson, Frida Hyvönen, Rebekka Karijord, Sofia Talvik, etc. who are meeting more and more success in the United States and Southern Europe? Does it make it easier spreading your music among a more receptive audience?
I think it’s a great inspiration that we have so many wonderful musicians in Sweden. I’m not sure whether it makes it easier for me to spread my music, but I have understood that there is a great interest in Swedish music abroad, which surely can’t be a bad thing…

8) Do you prefer studio recording or play in live ? Could you explain the difference for you ?
I definately prefer playing live, studio recording is a lot about technology and everything takes a lot longer than you can ever imagine before you start. Playing live is all about the present and what happens there and then, the atmosphere that you create along with the audience.

9) You played next to other swedish and norwegian artists in festival de musique suédoise ÅÄO! a few weeks ago in Paris, how did you like that experience ?
I loved it! We had a very nice stay in Paris, and got to meet a lot of people during the festival, which was nice. The audience was great, the atmosphere was great. I had a blast!

10) What are your plans for the future ? A tour, new ideas for a future album ?
Right now I'm very inspired to start on my next album. I already have thoughts on how I want it to sound. In fact, I have started some recordingsin my tiny studio in the livingroom. But at the same time, the interest for"the little orchestra" in other countries is awakening so...we'll see what happens. I wouldn't mind going on tour either!

* the song Wintery March is about sudden snowfall in springtime which caused several accidents.




Concours

A gagner : un exemplaire de The Little Orchestra de Rosie Staf

J'ai réussi à trouver un exemplaire pour vous, quelques mots motivant votre envie de gagner ce bijou de musique à mon adresse sdgreef@hotmail.com et le hasard fera son oeuvre parmi tous les participants. Le concours se clôturera le 31 octobre 2009. Avis aux amateurs de bonne musique.

P.S. : n'oubliez, pas de laisser quelques commentaires pour donner vos impressions sur l'album, l'interview et le concours.

jeudi 15 octobre 2009

2009 - Rosie Staf - The Little Orchestra - Review - Chronique d'un album à la fois élégant et émouvant : magique





De temps en temps je me dis que sans le web, jamais je n'aurai pu faire la rencontre de mes artistes préférés ou d'artistes qui sont en passe de le devenir. La charmante suédoise Rosie Staf en fait partie. J'ai découvert sa musique en août dernier et depuis je suis son charme, l'envoûtement exercé par sa musique est très puissant. Pour la présenter, Rosie Staf est une jeune artiste qui a étudié le chant et la musique classique. Il n'est dès lors pas étonnant de constater sur la jeune femme est doté de sacrés atouts : sa magnifique voix - unique et très maîtrisée - possède cette fêlure qui fait en sorte qu'elle touche droit au coeur sans oublier le plus important : elle a écrit, composé et produit son album The Little Orchestra, le bilan est assez impressionnant pour une première oeuvre. Pour mettre en forme la musique de Rosie, un petit orchestre a été formé de sept musiciens qui donnent vie aux petites ritournelles inoubliables, des petites tranches de vie issues des observations de Rosie. La musique de Rosie Staf et de son orchestre fait songer de suite à de la musique de chambre fragile et intimiste. A l'écoute de l'album, j'ai vraiment l'impression que les musiciens jouent dans la même pièce que moi sans filet, sans fioritures, par conséquent le résultat est très dépouillé, raffiné et sophistiqué. C'est de la musique cérébrale qui fait appel aux émotions de façon intelligente, l'album loin d'être froid, réchauffe le coeur.

L'instrumental Mentalité ouvre l'album sur une note apaisante et hypnotique. Magnifique. Sentimental est la première rencontre avec la sublime voix de Rosie Staf qui donne bien des frissons. Les arrangements majestueux, les paroles touchantes et d'une belle justesse, le tout enrobé par cette voix déchirante fait de ce morceau un petit chef d'oeuvre de minimalisme. Sur une note plus légère et décalée, le très attachant Wintery March est pourvue d'une grande finesse et fraîcheur. Fabuleux. Ambiance festive mais toujours exquise sur le ludique My Garden. Petit moment magique passé trop rapidement avec le bouleversant et sobre Nightrider. Un peut moins de deux minutes folk de pure félicité. Lovewheel débute dans une atmosphère assez sombre pour prendre son envol avec un refrain qui prend aux tripes, un morceau superbement intense et enveloppant. Un highlight à ne pas manquer. On se sent en apesanteur sur le petit bijou de poésie qu'est le morceau The Moon. Électrique tout simplement. Début très sobre et rêveur d'Expectations qui se termine sur un ton chaleureux un peu bohémien. Un joyau. La fin de l'album se clôture sur le grave et poignant Strangely Positive. On retient son souffle devant tant de beauté et on remet l'album en boucle.

Quel premier album étonnant ! A la fois sombre et chaleureux de par ses cordes boisées, une touche de féerie parcoure l'ensemble des pistes touchées par la grâce de Rosie et de ses musiciens. Un des meilleurs premiers albums de 2009.

Note Finale : 17/20

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Rosie Staf - The Little Orchestra

2009 - The Limes - Opus Eponyme - Review - Chronique d'un premier album déjà essentiel






Je ne sais pas trop comment débuter cette chronique, je retarde le moment alors qu'il est grand temps de parler de ce super groupe nommé The Limes. Si Orouni, l'un des membres du groupe ne m'avait pas contacté pour me faire partager leur musique, j'avoue honteusement que je n'aurai sans doute jamais jeté une oreille attentive et serai passée à côté de l'un des albums les plus intéressants de 2009. Je lui suis vraiment reconnaissante de sa démarche. The Limes est un groupe intercontinental qui ne connaît pas les frontières : né à la suite d'une rencontre virtuelle entre David Simonetta (Toy Fight) et Brent Ballantyne (officiant sous le nom d'artiste Henry Sparrow), les artistes français Orouni et Mina Tindle et l'américain John Hale se sont ajoutés naturellement au projet. Ils ont travaillé leurs morceaux par correspondance et un premier album éponyme naquit fin septembre de cette année. Ce qui est étonnant pour un groupe qui s'est finalement peu rencontrés en vrai, c'est l'alchimie naturelle qui s'opère entre les membres du groupe, la cohérence de leur premier né et surtout l'incroyable réussite de leur musique qui est réjouissante, spontanée, en un mot jouissive. Mais quel est le style musical du groupe ? Les années 60's et 70's sont souvent au rendez-vous : je peux citer ce qui me vient en tête : les Beach Boys, l'americana selon Moricone et la pop sophistiquée de Phil Spector auxquelles on ajoute une touche de psychédélisme et de modernité propre à l'identité du groupe.

The Snake est une ouverture en fanfare : d'abord un instrumental épique et puis une voix lointaine, envoûtante qui semble sortir d'un autre temps. Superbe. La première bombe de l'album est le fantastique Beyond Blue qui est l'une des meilleures chansons sorties cette année tous registres confondus. Doté d'un instrumentation foisonnante entre pop et americana, ce morceau effervescent est déjà un classique. Miniature est un petit bijou pop que ne renierait pas les Beach Boys avec des choeurs de toute beauté. Sublime. Autre highlight de grande qualité, Sao Francisco Waters nous fait voyager des les grandes plaines américaines, ce magnifique morceau héroïque est l'un de mes préférés. Retournement de situation avec le rétro/futuriste et funèbre City Lights. Tout simplement somptueux, je ne m'en lasse pas. Un peu comme si New Order rencontrait Feist. Premier morceau vraiment intimiste avec le folk minimaliste d'Ourini sur Morning, Noon & Night. Un joyau de délicatesse. Left Hand Cycles fait sans nul doute songer aux meilleurs travaux de Spector sur laquelle surnage une voix masculine roots. Un mélange à la fois surprenant et très réussi. Dead Furniture avec son ambiance mariachi est une pièce d'une grande perfection tandis que Big Top Head verse davantage dans une atmosphère de cirque à la fois burlesque et sombre. Mirifique. Between Roof & Bird clôture sur une note folk boisé avec la sublime Mina Tindle. J'en ai encore des frissons après plusieurs écoutes.

Un premier album d'un groupe de personnalités issues de milieux, de cultures et de pays différents, les résultat est admirable : dix petites merveilles qu irradient, s'additionnent, se rejoignent pour former un tout très cohérent. Un des albums les plus intéressants de 2009. Foncez pour les soutenir, tant de talent ne devrait pas passer inaperçu.

Note Finale : 17/20

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Sur l'excellent label parisien : Sauvage Records

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The Limes - The Limes

mercredi 14 octobre 2009

2009 - Sissy Wish - Beauties Never Dies - Review - Chronique d'une artiste pop qui refuse le conformisme






Mais combien de petits bijoux pop faudra t'il pour que Sissy Wish puisse se faire une place dans nos oreilles ? Alors qu'on fait tout un plat pour les pop girls scandinaves Annie (amusant mais lassant à la longue), Sally Shapiro (faut aimer le style italian disco kitsh, c'est trop m'en demander même si je la trouve attachante) et Lykke Li (je suis devenue très amatrice alors qu'à la première rencontre, elle m'a laissé de marbre), celle qui a ouvert la voix la délicieuse norvégienne Sissy Wish reste encore en arrière-plan ! Après deux albums You May Breathe (2004) et Tuning In (2005) encensés qui ont accumulé de nombreux prix prestigieux, Sissy Wish s'est attaquée à son troisième album Beauties Never Die qui est sorti en scandinavie en 2007 et qui a bénéficié d'une réédition américaine ily a quelques semaines. De son vrai nom Siri Ålberg, l'artiste s'attire les faveurs des critiques les plus ardues tels que Spin, Pitchfork depuis quelques mois et cela ne risque pas de s'arrêter !

Pourquoi ? Sa musique pop intelligente est hype, dans le vent mais uniquement du au résultat de la personnalité pétillante et fun de l'artiste et non d'influences datées ou du moment. Sa voix enfantine et acidulée peut peut être un peu irriter au départ (j'avoue ne pas avoir adhéré de suite comme pour Lykke Li) et pourtant elle devient vite non seulement attachante mais Sissy possède un vrai talent d'interprète avec une énergie solaire unique. Plus encore, sa musique souffle un vent de fraîcheur dans la monde de la pop insidieusement pris d'assaut par les grosse machines plutôt décevantes (LaRoux, Little Boots, etc.). Avec Siri, pas question de réchauffé, tout est 100% original et issu de l'inventivité de la demoiselle qui semble n'avoir pas de limites. Une touche de pop, de dance music, d'électro, de fabuleuses mélodies aussi catchy d'ensorcelantes et l'affaire semble emballée. Sauf que pour vraiment apprécier tout le talent de Siri, il faut plusieurs écoutes faire le tour du propriétaire, ce ne sons pas que des simples pop songs linéraires ou en boucle. Son univers est beaucoup plus vaste et riche.

L'entrée en matière est plus que percutante : les deux single désignés Float et encore plus DWTS (Do What They Say) explosent aux oreilles avec des sonorités aussi vitaminées que particulières, il va sans dire que le très addictif DTWS qui est caractérisé vers la fin de la piste une sublime fracture rock sublime est l'un des meilleurs morceaux pop de 2009. Ambiance par calypso de mise pour la piste dreamy Beauty Never Dies. Cette pépite est à consommer avec le cocktail de votre choix. Attention choc auditif avec l'incroyable Yayaya et ses percussions tribales sur le refrain rayonnant. Et que dire de l'envoûtant Tokyo, première piste sur laquelle le rythme ralenti pour mettre en exergue le côté plus sombre et éthéré de la musique de l'artiste. Une merveille. Encore une surprise sous la forme du minimaliste Milk. Paradisiaque. La voix de Siri est ici magnifiée. Sobriété de mise avec Table 44. Un morceau de pop plein de bravoure. Dependance est calibré pour les meilleurs dance floors. Cet highlight est hypnotisant. Puis survient le pavé dans la mare : Music On The Radio, ce morceau acoustique/folk est d'une beauté surprenante et montre Siri sous un jour plus doux et moins extravagant. La simplicité lui va si bien. Sublime. Book termine sur une note plus enjouée avec son refrain débridé.

Quel album ! Instruments foisonnants, rythmes endiablés, ambiance fluorescente, le tout enrobé d'une voix mutine destinée à entrer dans le panthéon de la pop musique. Très impressionnant.

Note Finale : 16/20

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Sissy Wish - Beauties Never Die







mardi 13 octobre 2009

2009 - Eilen Jewell - Sea Of Tears - Review - Chonique d'une artiste dark et sexy






Même ayant parlé de son second album Letters From Sinners & Strangers (2007) au début de cette année, je ne pouvais pas m'empêcher de revenir sur l'une des chanteuses que j'affectionne énormément : Eilen Jewell, de retour cette année avec un nouvel album Sea Of Tears dixit un océan de larmes, tout un programme ! Je la trouve extraordinaire, son chant est toujours très cool et moderne, elle n'en fait jamais de trop et si sa voix peut être comparée à celle de la divine Norah, Eilen possède un vrai swing rock'n'roll qui lui est tout particulier. Qu'en est-il de ce nouvel effort ? Plus sombre, plus dramatique comme son titre l'indique, plus intense et mature aussi. Laissant un peu le folk de côté, Eilen remonte à ses première amours : la musique de Buddy Holly ou encore d'Elvis Presley. Le résultat est instantanément toujours aussi prenant et électrique. Un bijou noir à l'ambiance très cinématographique de bout en bout. Et Eilen n'a jamais été aussi envoûtante. Rain Roll In introduit en douceur sur une note apaisante l'album mais n'est peut être pas très représentatif de la suite. On entre dans le vif du sujet avec le merveilleux bluesy Sweet Rose qui traîte de la jalousie. L'écriture est remarquable. Une pépite.

Que dire de la reprise du morceau rockabily Shakin’ All Over créé à l'origine par Johnny Kidd and the Pirates ? On croirait cette chanson faite pour Eilen qui se révèle très sexy pour la circonstance. L'une des meilleurs pistes rock de 2009. Un must à écouter absolument tant ce swing est jouissif ! Le tempétueux Sea Of Tears fait également partie des meilleures pistes de l'album. Ce morceau dark assez relevé sonne déjà comme un classique ! Fading Memory est la première ballade de l'album : heartbreaking, je frissonne encore après maintes écoutes. Sur une note plus légère, on retrouve l'excellent Nowhere In No Time qui fait songer au flègme de Norah. I'm Gonna Dress In Black, deuxième reprise de l'album (des Them de Van Morrisson) est un morceau brûlant d'une sensualité vénéneuse. Un des highlights de l'album. Somptueux. One Of Those Days et son ambiance poisseuse façon western spaghetti qui s'éternise est un petit bijou de mélancolie. Plus encore, le blues désabusé de Final Hour colle dangereusement à la peau. Une merveille. Troisième et dernière reprise de l'album The Darkest Day de Loretta Lynn offre un petit rayon de soleil sous la forme de ce petit bijou country. On enchaîne sur l'électrique Everywhere I Go qui possède un instrumental très intéressant pour aboutir déjà à la superbe conclusion : le désarmant et touchant Codeine Arms.

Troisième album qui sort un peu des sentiers battus du folk et de l'americana, le son est plus orienté vers le rock vintage des années 50's et 60's. Cet album assez dark ne fait pas l'unanimité parmi les fans anglophones de la demoiselle ne comprenant pas son virement dans une telle telle mélancolie. Pour ma part, c'est mon préféré, j'ai mis plusieurs mois pour l'écouter et le déguster. Je peux voir en Eilen, une Patsy Cline des temps modernes. Rien que cela ! Un must de 2009, il va sans dire.

Note Finale : 18/20

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Eilen Jewell - Sea of Tears



2009 - Kylie Auldist - Made Of Stone - Review - Chronique - L'album de la confirmation








Si vous êtes passé à côté de ma chronique du premier opus de Kylie Auldist : l'explosif Just Say cet été, il est temps de vous rattraper avec leur deuxième essai de confirmation Made Of Stone sorti il y a peu de temps. La belle diva australienne est toujours accompagnée du fantastique groupe The Bamboos pour le plaisir de nos oreilles. Ce nouvel opus se révèle très rapidement au bout de quelques écoutes plus abouti, mature mais toujours aussi explosif même si on a l'impression qu'il est légèrement plus posé et subtil. Et puis que dire vraiment de plus quand on aime le mélange de soul vintage organique et de funk, les musiciens de talent et une diva à la voix d'or ? Dès la première piste Made Of Stone, nous voici embarqué à bord d'un fameux bolide qui va à 200 à l'heure. Son refrain qui fait penser aux BO des flims blaxploitation est hyper savoureux. Un peu kitsh (avec ses notes de synthé), un peu psychédélique (de par son effusion de cuivres) mais surtout jouissif. Chatoyant et si séduisant. On continue sur un rythme effréné avec le délirant funky underground It's On.

In A Week, In A Day est ma chanson préférée de l'album, quand je l'entends, je suis au paradis, ce morceau d'une fluidité absolue, lumineuse et étincelante. Finalement, l'une des meilleures pistes soul de 2009. Tout simplement. L'essayer, c'est l'adopter. Toujours dans une certaine effervescence, l'excellent I Will prend peu à peu ses marques pour nous procurer de belles sensations hors apesanteur. De la bonne humeur en veux-tu, en voilà ! Si vous avez découvert ce morceau pendant l'été, nul doute que Lookin' For You aura été un des hymnes les plus convaincants pour accompagner vos journée caniculaires. Que du bonheur à l'écoute de ce morceau cool ensoleillé. Le tempo ralenti légèrement, l'ambiance se fait plus sombre avec Kiss And Tell. Une petite bombe. Plus costaud rythmiquement mais restant dans une certaine sobriété, Ship Inside A Bottle fait presque de l'ombre à certains classique de la Motown. Tubesque. Le reggae de What's The Coast ? mêlé avec des saveurs cubaines vous offrira un moment de dépaysement garanti. Inoubliable. La samba en mode accéléré s'invite sur le lounge One Goodbye. Exquis. Une touche de grâce avec l'interlude Lefroy pour attérir sur le (léger) brut de décoffrage aux accents motowniens Rosy. Aussi savoureux qu'onctueux.

Peu à peu le groupe et leur divine diva de la soul prennent leurs marques, se sentent plus à l'aise en studio. Excellent album à la production raffinée qui marquera la musique soul de 2009. Un petit manque : une vraie ballade qui pourrait définitivement faire fondre mon coeur. A n'en pas douter, elle se trouvera sur leur troisème opus !

Note Finale : 15/20

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Kylie Auldist - Made of Stone



lundi 12 octobre 2009

2009 - Emily Jane White - Victorian America - Review - Chronique d'une artiste qui a trouvé la grâce



victorian america by Sabine De Greef on Grooveshark

C'est aujourd'hui que sort le nouvel album d'Emily Jane White. L'an dernier (ou pour dire la vérité 2007), la demoiselle a fait de l'ombre à l'impérialisme d'Alela Diane en matière de folk intimiste. En effet, Dark Undercoat, son premier album (chroniqué et en écoute ici), a soulevé l'enthousiasme des critiques européens (contrairement aux Etats-Unis où elle et Alela sont loin de provoquer la même belle unanimité). Ce premier album est toujours un petit chef d'oeuvre, une première oeuvre éblouissante de justesse qui a réussi à me mettre la larme à l'oeil. Je déteste cela. Certes, la musique ne vaut rien si elle ne suscite pas l'émotion mais je déteste que cela m'affecte à ce point là. J'ai appris par total hasard qu'Emily Jane White remettait le couvert avec un nouvel album Victorian America qui sort aujourd'hui. Dès que j'ai eu vent de l'information et le temps de m'en remettre, j'ai commandé l'album sur Talitres que j'ai reçu vendredi dernier (deux jours après l'avoir commandé de France, un record !). Le temps d'un week end pour me faire une opinion sur cette nouvelle cuvée dont je ne savais rien. Le temps d'être une nouvelle fois bouleversée par son dark folk qui n'a jamais été aussi émouvant.

Alors que le deuxième essai d'un artiste qui a brillé dès le coup d'envoi est souvent légèrement décevant ou moins "magique", le nouvel album d'Emily Jane White est au moins aussi bien que sa précédente œuvre et cela dès la première écoute. Le ton de l'album est toujours aussi mélancolique mais de belles éclaircies parsèment l'album l'empêchant d'être aussi sombre voir "dépressif" que Dark Undercoat. Les arrangements de l'album sont plus riches d'un groupe qui s'est formé pendant une tournée et même la voix d'Emily Jane White semble encore plus touchante : souvent comparée à Cat Power, elle s'envole littéralement pour prendre des scintillante intonations graves ou aiguës encore jamais atteintes sur le premier opus où son chant - et sa musique - paraissaient étrangement linéaires et fantomatiques. Prêt pour un petit décorticage de l'album ? Never Dead débute sur le bien léger soulagement qu'est le début d'une nouvelle journée qui évince celle qui vient d'annoncer de mauvaises nouvelles. Une chanson spirituelle, crépusculaire qui pourtant au lieu de plomber l'ambiance, semble évanescente.

Plus terrien et sombre, Stairs avec sa belle orchestration est un petit chef d'oeuvre de folk/bluesy americana. Puis, cette cassure à la 2:34 est juste sublime. Ce morceau qui est l'un des plus beaux de l'album vous hantera encore longtemps après son écoute. La plage placide Victorian America offre des arrangements boisés classieux donnant une majesté particulière à ce sublime morceau qui évoque la condition féminine aux Etats-Unis à une époque pas si révolue... Sur le bouleversant The Baby, le chant plaintif d'Emily nous plonge dans les méandres de son univers musical tourmenté. De nouveau, petit chef d'oeuvre atmosphérique en vue avec Frozen Heart. De quoi vous glacer le sang bien plus qu'avec les derniers Fever Ray ou Soap & Skin. Intemporel. The Country Life se démarque de l'ensemble de l'album de par l'aspect de son enregistrement live, sa luminosité et son humanité. On ressent presque de la chaleur... De même le superbe Liza est l'un des morceaux les plus dynamiques de l'album. Et on s'envole avec Emily vers des cieux (presque) plus cléments. The Ravens est une belle lullabye frissonnante tandis que Red Serpent est plus alternatif, plus richement arrangé, en un mot vénéneux. Un bijou funéraire qui en appelle un autre, le grand highlight d'indie rock qu'est Red Dress. A se damner. L'hypnotique A Shot Rang Out, avec peu avant The Ravens, nous replonge davantage dans l'univers tortueux du premier album, black is black. De toute beauté même si glaciale comme le souffle de l'hiver. Ghost Of A Horse clôture sur une note somptueuse, cette ballade féerique est tout simplement magique.

Un deuxième album fantastique. Beaucoup plus riche, ouvert mais respectant la mélancolie glacante de l'artiste (la mort reste le sujet de prédilection des textes). Emily Jane White produit de la musique intemporelle qui ne sera jamais datée ou dans le vent. Un petit chef d'oeuvre.

Note Finale : 19/20

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- Mais si "vous préférez entasser les mp3's comme des pommes" (dixit, à juste titre, Sean de Talitres) c'est ici Emily Jane White - Victorian America



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