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mardi 3 novembre 2009

2005 - Ragnheiður Gröndal - After the Rain - Review - Chronique d'une nymphe islandaise qui réchauffe les coeurs





Ces derniers temps, j'ai fait deux ou trois très belles découvertes islandaises mais la plus belle est incontestablement Ragnheiður Gröndal ou pour faire plus simple Ragga Gröndal pour les intimes ;-) Agée d'à peine 25 ans, la demoiselle a sorti aujourd'hui son sixième album Tregagás qui mêle folk music et influences islandaises. Ce dernier album renoue de façon prestigieuse avec ses racines islandaises et je vous en parlerai plus tard. En effet, Ragga a alterné depuis le début de sa carrière entre albums chanté dans en langage maternel et albums de pop/jazz en anglais. J'aurai bien voulu pour vous introduire à cette magnifique artiste en chroniquant son avant-dernier album jazzy le wonderful Bella & Her Black Coffee disponible à l'international chez cdbaby mais je n'ai pas encore pris la peine de le commander (honte à moi). Et bien cela se fera avec le déjà fabuleux After The Rain sorti en 2005 et qui représente son premier album en anglais constitué de compositions originales.

Ce qui me frappe sur cet album c'est bien entendu la somptueuse voix de Ragga dotée d'une belle souplesse, de nuances pop ou soul selon la chanson mais quand on écoute l'ensemble de sa discographie, l'évolution vocale de Ragga, graduée de la FÍH (Iceland’s School of Music) est impressionnante avec comme point d'apogée ses vocalises sur l'album Bella & Her Black Coffee. After The Rain est un excellent album du début à la fin, il n'y a pas une seule chanson plus faible qu'une autre. Il s'agit d'un voyage musical d'une douceur paradisiaque dans l'univers d'une toute jeune femme de moins de 20 ans lors de la conception de l'album. Ragga réussit haut la main un album très abouti qui possède profondeur et intensité, les mélodies, les arrangements de cordes et l'essentiel : le jeu de piano et la voix de Ragga l'attestent. Les morceaux suivants sont des véritables joyaux à ne pas manquer : Leftovers, After The Rain,You Might Never Live Again, I'll Follow You, As/If et Love Me As I Am.

Un album à la fois chaleureux et mélancolique d'une grande beauté mettant en évidence le talent de compositrice et d'interprète de Ragga. L'Islande regorge de véritables trésors musicaux.

Note Finale : 16/20

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icelandicmusic.com


jeudi 23 avril 2009

2006 - Cortney Tidwell - Don't Let The Stars Keep Us Tangled Up - Reviews - Chronique d'une jeune artiste inspirée par Björk et Cocteau Twins




Mis à part quelques louanges anglophones et deux ou trois articles en francophonie, nous sommes tous passés à côté de la bien singulière américaine Cortney Tidwell. Rescapée de Nashville et de tous ses clichés, elle a réussi au travers de son premier album Don't Let The Stars Keep Us Tangled Up a créer un univers musical à dix milles lieues de sa ville natale qui consiste en un mix étrange et envoûtant de folk, pop, électro, jazz, dream pop, etc. le tout clairement influencé par des figures emblématiques telles que Björk (période Homogenic / Vespertine), Mazzy Star et autres Cocteau Twins. On pourrait trouver pire comme références, cependant il serait faux de croire que Cortney Tidwell fait du copier coller, loin de là, elle tire son épingle du jeu en ayant eu l'audace de digérer ces influences en les insérant dans son propre monde musical.

Au-delà de sa musique onirique aux multiples visages, Cortney Tidwell possède une voix vraiment superbe : ingénue, enfantine, douce et claire, elle transporte l'auditeur et lui permet d'accéder plus aisément à sa musique pas toujours évidente au premier abord. Eyes Are The Billions nous introduit à l'album de la plus exquise façon : des cordes enchanteresses, une voix émouvante qui font place à une ligne de guitares électrique période Mazzy Star. Une perle. Pictures On The Sidewalk mêle influences country avec modernité de façon très réussie et des plus charmantes. Missing Link est le grand highlight de l'album, un single au pouvoir un brin fédérateur pour adhérer à l'univers de Cortney, ce morceau électro pop/shoegaze ne manquera pas de vous séduire de façon instantanée. Une petit merveille pop. A écouter de suite. Sur I Do Not Notice on se prendrait presque au jeu de la confondre avec certains travaux de Björk, enfin presque car il ne prend pas à Cortney la mauvaise manie de crier comme une furie en plein milieu du morceau sans raison apparente. Ce morceau très sobre aux arrangements travaillés est une belle lullabye.

Accompagnée en premier plan d'une simple guitare acoustique sur Lala, ce morceau lumineux aux choeurs éthérés possède une ambiance définitivement une veine néo folk matinée de modernisme. Un bijou étincelant. Le morceau titre de l'album Don't Let The Stars Keep Us Tangled Up renoue avec l'électro pop des plus pertinents. Entre gothisme et dream pop légère sur le refrain, Cortney joue avec la musique comme lee photographes le font avec la lumière. Ce morceau clair obscur est un must. Ambiance plus légère, et vaporeuse sur New Commitment qui paraît presque surnaturelle. Sublissime. Society est un duo avec le charismatique Kurt Wagner (Lambchop). Un brin jazzy, une ambiance sombre presque crépusculaire pour un morceau engagé sur notre monde. Une belle réussite. A la fois rustique et contemporaine Our Time s'avère une superbe ballade sophistiquée et onirique. Illegal à l'image de I Do Not Notice pourrait également figurer dans la disco de Björk mais si l'on dépasse un peu la comparaison cela reste un excellent morceau alternatif et inventif. The Tide clôture en grande pompe l'album, il s'agit de la piste la plus dense, ambitieuse et réussie de l'album. A écouter.

Un premier album atypique, ambitieux, expérimental saupoudré des magnifiques vocalises de Cortney Tidwell. Une pièce sophistiquée à découvrir en attendant la sortie fin mai 2009 de son nouvel opus Boys.

Note Finale : B+




lundi 30 mars 2009

2005 / 2009 - Bic Runga - Birds / Try To Remember Everything - Reviews - Chronique d'une artiste pop à la fois sucrée et mélancolique




Découvrez la playlist Birds avec Bic Runga

Cela fait aujourd'hui un peu plus de dix ans que Bic Runga partage le trône (avec Hayley Westenra, une autre chouchoute à la voix de soprano qui verse davantage dans le registre classique mainstream) de l'artiste la plus populaire de Nouvelle Zélande, vous me rétorquer de suite "populaire" comme Johnny Halliday en France ? Oui, mais bon je préfère de loin la musique de Bic Runga. Certes, elle ne fait pas de chef d'oeuvre (et n'en fera sans doute jamais) mais sa musique "populaire" revête plutôt un côté délicieusement universel, on est sensé se sentir bien quand on l'écoute, après une journée difficile, c'est un moment privilégié rempli de douceur et de simplicité que l'on partage avec cette très jolie jeune femme. Un peu comme on revête un vêtement d'intérieur douillet mais qui ne fait pas trop laisser aller tout de même (la différence avec Johnny Halliday, vous me suivez toujours ?).

J'avais envie de vous présenter la carrière de cette artiste de pop douce amère à travers son troisème album Birds sorti en 2005 et qui constitue mon album préféré de la donzelle et son dernier album sorti en date en ce début 2009 sous la forme d'une compilation de leftovers : Try To Remember Everything qui retrace une partie des morceaux mis de côté durant sa carrière musicale. Je reprends au début, après deux albums qui ont eu un succès retentissant Drive (1998) et Beautiful Collision (2002), d'ailleurs je peux vous assurer que vous tous avez déjà entendu sans le savoir cette artiste (ici). Pour faire court, ses deux premiers albums sont de jolies pépites, inoffensives certes mais pleine de charme et de fraîcheur, tout de même très loin des artistes de pop commerciale anglo saxonne actuelles hyper formatées. Bic Runga préfère de loin un travail plus subtil qui avantage chansons accrocheuses toujours pleine de finesse et ballades acoustiques parfumées d'une douce mélancolie.

Sur ce troisème album Bic Runga était clairement attendue au tournant après le très beau Beautiful Collison. Mais Bic Runga ne veut plus tellement être où on l'attend, elle vit des moments sentimentaux difficiles avec entre autre la perte de son père et cela se ressent profondément sur ce troisième opus qui revête une voile de deuil annoncé par l'artwork excessivement sobre de l'album. Elle n'a plus l'humeur à la fête et a perdu de son pétillant légendaire pour faire place à plus d'introspection et de profondeur. Les critiques à la sortie de cet album ne se sont pas faites attendre, elle ont littéralement tué l'album avec toujours les mêmes remarques injustifiées du genre : ne possède pas de single aussi accrocheur que les précédents opus, l'album est sombre, etc. Enfin, Bic Runga refuse de faire ce que l'on attend de la majorité des artistes qui ont rencontré le succès : la même chose encore et encore jusqu'à épuisement du public et elle a bien fait !

Entourée d'une équipe de choc (les meilleures musiciens de son pays) elle a décidé de sortir un album mature, profond, plus dense et noir. L'acoustique, s'il ne disparaît pas de l'album, il fait place en partie à un travail plus élaboré et riche des arrangements. Winning Arrow fait parfaitement la transition entre les anciens travaux de l'artiste et la nouvelle tournure musicale plus sombre de sa musique. Cette flêche gagnante possède un mid tempo des plus agréables, c'est toujours léger mais avec un légère pointe de spleen et de lassitude sous entendues. Ce morceau est vraiment magnifique. L'ambiance se plombe clairement avec Say After Me, ce morceau à faire pleurer les pierres inspirée du son des 70's est une petite merveille de romantisme mélancolique à écouter. Listen annonce un petit rayon de soleil, plus friendly radio que Say After Me, le refrain est particulièrement séduisant. Cette petite perle soul pop réchauffe légèrement le coeur. Plus que jamais les 70's s'invite sur le morceau titre Birds, un bijou à l'ambiance feutrée presque evanescent. Un de mes morceaux préférés, sublimement arrangé.

J'ai une préférence également pour le morceau aérien Ruby Nights. L'ambiance crépusculaire et classieusement morbide de la chanson est très réussie. Une ballade ténébreuse à ne pas manquer à l'écoute. L'instrumental est la plus belle réussite de la jeune artiste et met en évidence sa nouvelle maturité. Plus acoustique et simple dans sa forme, le bluesy No Crying, No More donne aisément des frissons à l'aditeur. Un nouveau registre pour Bic Runga qui donne une interprétation simple et sincère. If I Had You renoue avec le theme poignant de la perte qui inspire la quasi totalité de l'album. Les choeurs donnent une très belle âme à cette chanson doucement plaintive. Ahh que c'est beau. Cependant nous allons passer à la vitesse supérieure avec mon morceau préféré de Bic Runga : Captured. Ce morceau dramatique, téâtral, absorbé par le désespoir du chant de sirène de Bic Runga reste toujours aussi poignant après plusieurs années d'écoute. Une ballade atmosphérique sur fond d'une guitare bluesy. Un petite chef d'oeuvre en son genre. Pour ne pas tomber dans un état dépressif profond, That's Alright a la tâche difficile de nous remettre d'applomb. La mission est réussie c'est léger, frais et lumineux. Avec encore plus de réussite, Blue Blue Heart constitue une piste très réussie de l'opus. Entraînante et légère, cette piste possède un charme fou tandis que It's Over qui nous rappelle le ton sombre et aérien de l'album. Touchant.

Je suis une fanatique de cet album, je l'écoute en plein de soleil, je l'écoute dans l'obscurité, j'ai l'impression d'être en connection directe avec le ton de l'album. La légèreté et le pétillant de la demoiselle sont remplacés par la mélancolie et de la profondeur. Injustement, honteusement boudé par la critique de son pays, cet album devrait davantage plaire à un public neuf, plus ouevrt à l'évolution d'une artiste encore inconnue à leurs yeux.
Note Finale : 17/20








Après la déconvenue rencontrée lors de la sortie de son dernier album Birds en 2005, pourtant le meilleur à ce jour, Bic Runga est devenue maman et a voulu davantage se consacrer à sa vie de famille après la perte inattendue de son père qui l'a plongée dans un état proche de la dépression. Après seulement trois albums sous le bras, l'apparition d'un best of aurait sans doute fait parler les mauvaises langues, c'est la raison pour laquelle l'artiste, dans le but de faire patienter ses fans, a réalisé une compilation réunissant quelques leftovers issus de se albums studio et quelques morceaux Live de ses morceaux les plus connus. Cette idée sans être lumineuse est plutôt ingénieuse car elle a le mérite de donner une nouvelle vie à des chansons mises de côté.

Dans l'ensemble, Try to Remember Everything (B-Sides and Rarities) se révèle une excellente surprise, pas un album essentiel pour tout le monde mais davantage un must pour les amateurs inconditionnels de la demoiselle. Démos, outtakes, morceaux inédits se croisent pour le plus grand bonheur des oreilles fatiguées. Je conseille à l'écoute en particulier le tendre et naïf All Fall Down, l'émouvant Strangers Again, la magnifique reprise de Autumn Leaves en Live, la reprise insipirée de Something’s Gotten Hold Of My Heart qui est un must, le seul morceau qui constitue une nouveauté empreint de la nouvelle douceur maternelle Everyone Must Love encore à l'état de démo (et que j'espère revoir sur son nouvel opus) et la magnifique lullabye Close the Door, Put Out the Light.

Mieux q'un Best Of, cette compilation de morceaux est un petit bonheur pour les inconditionnels de la chanteuse à la voix exquise.

Note Finale : 16/20

Honest Goodbyes (inédit, uniquement disponible sur i-tunes à l'achat de la compilation) :


Real & Imagined (Live - inédit, issu éventuellement de son nouvel album à paraître courant 2009) :

vendredi 2 janvier 2009

2005 / 2008 - Alice Russell - My Favourite Letters / Pot Of Gold - Reviews - Chronique d'une Diva anglaise qui brille de mille feux



Découvrez la playlist My Favourite Letters avec Alice Russell


Etant donné que la dyptique Under the Munka Moon sortie en 2004 et 2006 est constituée de collaborations avec divers artistes, de remixes, de prestations Live et de reprise, My Favourite Letters reste bel et bien le premier album de matériel neuf sorti par Alice Russell. Pour ceux qui l'ignorent encore (vraiment ?) Alice Russell est tout simplement la meilleure chanteuse soul britannique en activité (désolée pour Amy Winehouse et Joss Stone mais il faut admettre la vérité : Alice se concentre davantage sur ses prestations scéniques et l'écriture que sur sa médiatisation). Alter ego de l'américaine volcanique Sharon Jones, Alice possède une voix extraordinaire taillée pour devenir une prétendante plus que probable d'Aretha Franklin. Que ce soit sur les morceaux énergiques ou les downtempo, Alice est capable de mettre beaucoup de nuances et de subtilités dans ses interprétations, ce qui est loin d'être le cas de la majorité des chanteuses capable d'envoyer les notes.

Alice Russell est, surtout et avant tout, reconnue pour être une interprète Live stupéfiante et ses collaborations explosives avec le Quantic Soul Orchestra, The Bamboos et Nostagia 77 (la reprise mémorable de 7 Nation Army, un must à écouter chez Peppersounds, ici) entre autres. Mais qu'en est-il de ce premier album fruit d'une collaboration avec le bidouilleur de génie TM Juke ? Et bien, My Favourite Letters constitue avec le premier album Frank d'Amy Winehouse et McKay de Stephanie McKay, des pierres angulaires de la soul britannique moderne. Ce qui caractérise cet album est son éclectisme : soul, funk, électro, jazz, hip hop, lounge, gospel, une kierelle de sons et de couleurs envahissent les oreilles de l'auditeur. Un bonheur indiscible pour les amoureux (non frileux) de soul.

Malgré la diversité des sons, la cohérence de l'album est absolumment parfaite. Le tout s'imbrique comme un ensemble naturel et à priori, il est compliqué de détaillé les 12 bijoux qui composent cet opus car ce sont toutes des pièces exceptionnelles. Cependant, j'ai craqué particulièrement sur le mélange urbain et latino de Humankind, l'attachant, ludique et funny électro Mean To Me, A Fly In The Hand qui mêle avec le plus grand bonheur hip hop et soul, l'apogée de l'album, le petit chef d'oeuvre jazzy/louge/trip hop To Know This, le downtempo piano/voix I'm Just Here, les diablements funky Munkaroo et All Over Know et les sublimement soulful et jazzy High Up On The Hook et Mirror Mirror On The Wolf. Bref, les trois quarts de l'album si non son entièreté sont des must à écouter de toute urgence si cela n'a déjà été fait.

Un album diversifié, riche, complexe, subtil produit par de main de maître par TM Juke et incroyablement interprété et écrit par Alice Russell. Pour les amoureux de soul, il est incontournable. Un petit chef d'oeuvre trop méconnu.

Note Finale : 18/20





Découvrez la playlist Pot Of Gold avec Alice Russell



Cela a clairement du lui faire mal au coeur ce succès d'Amy Winehouse, pourquoi elle et pas moi ? Bien sûr, c'est une pure invention de ma part, mais n'étant même pas pourvue d'un égo très développé, à sa place je me serais posé la question. En effet, Alice, la seule solution était de faire ta provocante, là tu es trop sage, tu te concentres de trop sur ta musique, fallait virer au crac et étaler ta vie et tes angoisses au grand public pour le rassurer de sa normalité. Tu les fais pas rêver... ou cauchemarder. Fermant la porte au label d'excellente qualité Tru Thoughts, Alice décide par elle même (mais toujours à l'aide de son compère indispensable TM Juke) de faire l'album dont elle a toujours rêver secrètement : un album de soul classique avec instrumentation et mélodies plus évidentes que sur son premier fantastique album.

Plus chaleureux, organique et énergique que le premier album mais moins innovant, Alice Russell nous offre un deuxième album absolument divin, qui se déguste amoureusement. Turn And Turn est une tuerie soul, difficile de se retenir de l'envie de faire quelques pas de danse litigieux pour mon cas. Alice fait revivre le meilleur de la soul music de Stax ou d'Atlantic avec brio. Dans le même ordre Two Steps est un mid tempo endiablé et sexy qui donne l'envie intuitive de claper dans les mains. Déjà des classiques de la soul. La bombe instrumentale et vocale de Living The Life of a Dreamer suit de très près. Jouissif. On en redemande encore et toujours. Plus doux et sensuel Let Us Be Loving joue dans la cour d'une Jill Scott, sublime. Attention aux oreilles, à ne pas rater l'une des nombreuses bombes de l'album : Got Hunger : au départ on peut être déconcerté par le découpage un peu saccadé de la chanson mais très rapidement ce morceau s'impose comme une track indispensable de l'album.

Lights Went Out débute sur des violons, sur une note cabaret jazz plutôt inhabituelle dans l'univers d'Alice. Ce morceau détonnant et audacieux procure une dose de plaisir incontournable. On l'attendait au tournant avec cette reprise de Crazy. Et le moins que l'on puisse dire c'est que les frissons vont vous envahir dès les premières notes : à la fois gospel et symphonique, ce morceau est tout particulièrement intense, dramatique et superbement réinterprété. Pour la première fois, je peux dire que le génial Cee-Lo a trouvé une interprète de taille pour se mesurer à lui, c'est trop rare pour ne pas le souligner. On retombe sur terre avec le funky Hesitate qui redemande à notre corps de bouger incessamment. J'adore ce morceau superbement construit. Universe renoue un peu avec la veine jazzy/lounge des débuts d'Alice. C'est toujours avec un plaisir évident de réécouter ce type de morceau. Plus lent et soulful, Hurry On Now est taillé pour un slow enflammé. Le classieux, simple mais efficace All Alone clôture l'album.

Un deuxième album plus classique dans sa forme mais toujours transcendé par l'interprétation vocale vertigineuse d'Alice et l'impeccable production de TM Juke qui n'étouffe jamais la voix d'Alice. Non seulement c'est de la belle oeuvre mais c'est l'un des meilleurs albums soul de 2008. Par conséquent, indispensable à l'écoute et acquisition.

Note Finale : 17/20

mercredi 26 novembre 2008

2005 / 2008 - Lizzy Parks - Watching Space / Raise The Roof - Reviews - Chronique d'une artiste qui fait rimer jazz avec sensualité, beauté et mystère




Quand j'ai écouté la première fois Lizzy Parks, je l'ai de suite catégorisée : cette auteur(e) fait partie de la nouvelle génération "bébé jazz vocal" : ils sont jeunes, ils sont beaux, ils mélangent tous les types musicaux avc des arrangements jazzy et davantage que s'axer sur une voix qui envoie la purée (et qu'ils ne possèdent pas tous, au demeurant), ils se concentrent sur l'émotion, sur l'aspect feutré ou vivant du jazz. Au sein de cette nouvelle scène jazz, il faut avouer que ce sont les Américains du Nord et les européens Nordiques qui se partagent le gâteau mais la donne a désormais changer : mon manque de culture me fait penser (peut être à tort à vous de me le dire) que l'Angleterre n'est pas vraiment un bastion reconnu du Jazz Vocal : la seule artiste que je connais est Claire Martin et sans dénigrer son talent d'artiste, je trouve sa musique fortement ennuyeuse, hélas, je suis insensible au grand talent de cette dame du jazz.

Mais voilà, je viens de découvrir Lizzy Parks, une jeune anglaise qui a fait le conservatoire section jazz et coup de foudre instantanné pour son grain de voix qui, a priori, se prête davantage à la pop qu'au jazz. Et pourtant : sa douce voix mystérieuse et gracile possède un sens du swing, une sensibilité, une réceptivité et une adaptibilité qui sont sans conteste des qualités à ranger dans le registre du jazz. Lizzy Parks apparaît comme une nouvelle sensation (durable) sur la scène anglaise du jazz vocal qu'il serait dommage de passer à côté.

Son premier album Watching Space que j'ai eu pour une bouchée de pain sur ebay britannique est sortie en 2005 sur un petit label indépendant The Birds Recording Company, ce qui prouve d'une part que Lizzy n'est pas là pour amasser des fortunes et d'autre part que sa liberté artistique doit être davantage respectée, ce qui est plutôt positif pour ce genre de jazz vocal décrié par les puristes (qui ne sont que des coincés à mon avis, mais mon avis n'est peut être pas représentatif du vôtre). Toujours dans le cadre de la présentation de cet album, elle est accompagnée d'un band complet : Rob Norman au piano, Mike Adlington à la trompette, Ryan Trebilcock à la basse, Alan Gardiner aux perscussions et Pete Harris à la guitare.

Same Old débute de façon soft et chaleureuse l'opus, le genre de morceau pour réchauffer l'atmosphère, bref qui met de bonne humeur. Moral Of The Story est un interlude bluesy qui met en avant sa voix charismatique. Plus audacieuse est Pass Me By : un morceau que n'aurait pas renié une Martina Topley-Bird apaisée. Voguant entre jazz, soul et trip hop ce morceau est délicieux à (ré)écouter. Une perle pleine de douceur aux arrangements sobres et élégants. D'une beauté mélancolique Watching Space se base beaucoup sur les beaux arrangements de cordes et la suavité de la voix de Lizzy qui est ici magnifiée. Sublime, à écouter d'urgence. La belle complexité des arrangements et de la mélodie de For Real vous séduira à coup sûr. Envoûtant et surprenant. Change Is Made serait davantage catégoriser sous le label free jazz un peu chillout. Prônant une certaine coolitude ce morceau est sublime à l'écoute, un highlight de l'album.

Last Night At The Theatre offre une ambiance cosy mais mélancolique qui invite à l'émotion et cela marche. Il suffit de fermer les yeux et de laisser la musique envahir les oreilles. Sublime. Roll Back met en avant le sens du groove de Lizzy sur un rythme cool et très agréable. Plus ambitieux le morceau Whats' The Deal possède un son jazzy/soul/funky des plus délectables. Un de mes morceaux favoris, je vous invite à l'écouter. Joga est la reprise de Björk. Des arrangements minimalistes qui tiennent sur quelques effets épars et le style piano-voix viennent de parfaire ce moment magique. Certes, je n'oublie pas la version originale mais cette version est à découvrir d'urgence. Star est un des grands moments qui jalonnent l'album : enchanteur, sensuel, une touche rétro et toujours cette belle voix pour ce morceau lounge entêtant. Mais que serait un album au feeling jazzy sans une reprise d'un standard digne de ce nom ? Cette version de You've Changed, magnifié par la légende Billie Holiday, ne démérite pas, en effet, Lizzy apporte sa propre douceur et sa sensibilité sur cette (ré)interprétation acoustique avec comme seul accompagnement une harpe. Formidable.

Un début plus que prometteur qui vaut vraiment le détour, avec relativement peu de moyens et de publicité cet album a convaincu les critiques britanniques et ont mis en avant cette jeune chanteuse au charisme certain. Cet album éclectique s'il n'est pas parfait (certaines chansons passent davantage inaperçues mais elles restent tout de même très agréable à l'écoute) mérite l'attention des amateurs de jazz soft et de belle musique.

Note Finale : A(+)






Après s'être fait remarquée avec un excellent premier opus et roulé sa bosse dans certains groupes tels que Nostalgia 77 et sur scène, il aurait été étonnant que Lizzy Parks ne bénéficie pas d'une suite à sa carrière. C'est justement grâce au groupe Nostalgia 77 qu'elle s'est fait remarquée par le label Tru Thoughts (Kylie Auldist, Quantic, The Bamboos, Spanky Wilson, etc.). Le moins que l'on puisse dire c'est que cette suite est plus que réussie. Produit par Ben 'Nostalgia 77' Lamdin et bénéficiant de la divine orchestration diligentée par Riaan Vosloo (toujours du groupe Nostalgia 77), cet opus bénéficie d'une production riche, complexe, fluide et d'une classe folle. Lizzy Parks a définitivement trouvé chaussure à son pied.

Raise The Roof, un peu de la même façon que la première plage du premier album, se retrouve en pôle position pour être le single qui va servir à la promotion de l'album. Mais ici c'est plus fin, plus subtil, cela peut appeler le grand public sans pour autant snober ceux qui sont plus difficiles à séduire. En effet, le rythme est fluide, entraînant et le tout est plus complexe. A écouter jusqu'au bout. Une excellente introduction. Take Care lorgne assidument sur la musique rythm and blues des sixties, un titre étincellant qui sur de magnifiques arrangements permet de mettre en avant les nouvelles capacités vocales de Lizzy qui a pris du galon. Sublissime et bien entendu à écouter d'urgence. Time est la ballade jazzy/aérienne/langoureuse que j'attendais déjà sur le premier opus, ici Lizzy pose sa voix d'une façon si douce et légère qu'il est presque indécent de ne pas céder à cette chauteusetransformée pour la circonstance en sirère musicale. Un de mes morceaux préférés, je vous laissse seul juge de ce petit chef d'oeuvre.

Soul Bird
est tout en délicatesse et en rondeurs, cette plage jazzy/soul est un met exquis à se mettre sous les oreilles. Forever And A Day possède un jolie dose de soul et de funk allégé par les arrangements de cordes, bien entendu cela ne ressemble pas à ce que fait Sharon Jones mais il y a assez de poigne et d'investissement de la part de Lizzy Parks pour transcender ce magnifique morceau que je vous invite à écouter. Cela groove baby ! Spring Changes est sans conteste la chanson la plus jazzy de l'album de part son rythme bien particulier et le phrasé impeccable de Lizzy. Un pur moment de bonheur accompagné de son groupe qui offre d'excellents solos. Seven Day Fool (Etta James) est magnifiquement repris par Lizzy qui apporte tout son soul à cette chanson qui évoque un amour inconditionnel apporté à son homme. Une bombe !

All That
est un des meilleurs morceaux de l'album et certes les arrangeemnts sont toujours incroyables (Lizzy est particulièrement bien servie tout au long de l'album) mais la vraie star c'est Lizzy qui acquiert album après album un sens du groove et du swing imparable. Extraordinaire. Ode To St Cecile est la deuxième et dernière reprise de l'album, de nouveau Lizzy s'en sort avec tous les honneurs, ce morceau qui dégage une belle énergie met de nouveau en exergue une interprétation tout particulièrement sensuelle et réussie de Lizzy capable désormais de toutes les nuances. Sublime, à écouter. Leaving Home se situe dans un registre plus mélancolique, plus grave. Le résultat est particulièrement touchant et émouvant. J'avoue avoir acheté l'album rien que pour écouter Prayer. Cette ballade éthérée, atmosphérique est un petit chef d'oeuvre : 5 minutes de bonheur intense que je vous invite à savourer jusqu'à la dernière seconde.

Ce que j'apprécie tout particulièrement sur ce nouvel album c'est l'étape franchie par Lizzy Parks. Sa voix s'améliore (même si dès le départ elle possèdait cette petite étincelle qui la différencie de beaucoup de ses conseurs), son groove a atteint une très belle maturité, elle compose toujours de solides chansons et elle s'est entourée d'un big band vraiment excellent qui apporte l'écrin idéal pour la voix de Lizzy. Entre modernisme et touche rétro, cet album constitue l'une des plus agréables sorties jazz de 2008. Je conseille.

Note Finale : A+(+)

lundi 1 septembre 2008

2005 / 2008 - Jamie Lidell - Multiply / Jim - Electro + Soul = bonheur



Découvrez la playlist Multiply avec Jamie Lidell


Je vous en avais déjà parlé ici en avril 2008 de ce fameux Jamie Lidell qui provoque autant de sifflets que d'applaudissements... et étant donné que nous sommes le premier jour de la rentrée je me disais qu'un peu de bonne humeur ne ferait de mal à personne. J'avoue, sans honte aucune, que je suis une admiratrice de son travail, ce bidouilleur qui au départ était avant tout passionné de musique électro (si je me réfère à ses premiers travaux) a décidé avec ses deux derniers opus de mêler funk, électro, soul, R&B, etc. afin de refléter au mieux ses goûts musicaux éclectiques. Beaucoup crient au scandale, à la bavure, à la tromperie, moi je crie de joie d'entendre une musique fraîche et très bien foutue qui poursuit le but salutaire de nous mettre de bonne humeur sans tomber dans la musique commerciale à deux balles. Autre plaisir indéniable c'est la belle voix profonde et à l'ancienne de Jamie Lidell.

Multiply (2005) annonce d'une certaine manière ce retour au son Motown bien avant la sortie Back To Black (2006) de notre Amy en pleine dérive et la reconnaissance que l'on accorde tout doucement à la sublime Sharon Jones. Cependant, une multiplication de sonorités avec un zeste d'expérimentation : l'électro est sous-jacente à de nombreux titres qui sont funk, soul, R&B et même jazzy. You Got Me Up marrie parfaitement le funk et l'électro pour un titre court en guise d'introduction. Multiply est le genre de morceau qui s'inspire à fond du grand Otis Redding, c'est excellentissime et cela donne une envie irrépressible de remuer. When I Come Back Around oscille davantage entre funk et électro, un rythme syncopé très 80's, ambitieux ce morceau est une très belle réussite à expérimenter sur les dancefloors. A Little Bit More ressemble davantage aux travaux de Prince dépouillé du côté diva associé à ce dernier. James est particulièrement sobre et juste sur ce titre qui aurait pu être une pastiche de maître. Un de mes morceaux préférés, un joyau.

What's The Use, autre bijou de l'opus, fait en sorte que plus on avance dans la chanson plus la référence à Marvin Gaye s'établit comme un hommage à peine voilé sur ce mid tempo qui allie superbement électro et soul. Music Will Not Last, morceau qui donne l'envie de claquer les doigts sur la mesure, évoque, avec respect, le fantôme de tous ces groupes de la Motown qui ont fait les beaux jours de la musique. Sublime ! Newme offre un morceau de funk électro psychédélique absolument incroyable, James Brown n'est certes pas loin mais Jamie va plus loin dans l'expérimentation et l'originalité pour nous offrir un morceau funky et électrique. Fantastique tout simplement !!! The City est le morceau que Lenny Kravitz rêve un jour de réaliser (il n'y arrivera sûrement pas le pauvre) ce morceau rock et funky est une perle brûlante et sensuelle à écouter absolument. What Is It This Time ? possède une touche gospel et bluesy façon Ray Charles délicieuse mais n'est que le prélude à la superbe fin qu'offre le très beau Game For Fools : une ballade (la seule ?) que ne renierait pas Otis. Soulful et langoureuse, elle incarne le type de chanson qui appelle à l'amour.

Une production impeccable et audacieuse, des compositions solides qui évoquent les beaux jours de la Motown sans les pasticher. Un Jamie Lidell qui a la pêche sans en faire des tonnes avec sa belle voix de crooner. Un opus qui apporte un vent de fraîcheur à la soul music. Pour les amateurs, à consommer avec un plaisir gourmand. Aux autres, je leur conseille vivement de se détendre au lieu de cracher leur venin, it's for fun, baby !

Note Finale : 17,5/20





Découvrez la playlist Jim avec Jamie Lidell


Le retour cette année 2008 de Jamie Lidell ne se posait pas sans problème, dépourvue de la touche électro qui conférait à Multiply sa touche d'originalité et sa légitimité, que pensez de ce nouvel essai ? Une pastiche rétro ? Une de plus qui s'ajoute parmi les nouveaux albums qui ont foisonné depuis Multiply ? Non, heureusement ! S'il est vrai que ces 10 chansons sont davantage polissées et jouent uniquement dans le registre soul, R'n'B, gospel et funky, Jamie donne cependant toujours autant de sa personne, il est dans la peau de son personnage qui insuffle la bonne humeur et l'envie de bouger à quiconque se donne la peine d'écouter cet opus sans trop d'à priori.

Another Day donne définitivement le ton de l'album : fun, scintillant, qui frappe fort dès l'ouverture, un excellent titre Stevie Wonderien. Wait For Me rappelle que cet album a reçu l'aide de Letang et Gonzales, les collaborateurs de Feist. Une ryhtmique qui n'est pas sans rappeller le titre My Moon, My Man de la douce Feist. Cependant, ce morceau est plus funky avec une touche gospel succulente. Superbe, lumineux, ce morceau irradie de peps. Out My System possède un groove et une énergie euphorique des plus contagieux avec une touche disco rock détonante. Une perle. La première ballade All I Wanna Do est en position 4, un effort certain vu que sur Multiply il fallait attendre la dernière piste... et le résultat est plus que probant, c'est du travail d'orfèvre, presque acoustique, la première fois que Jamie nous offre le visage du gars capable de nous émouvoir et cela lui va bien. A Little Bit Of Feel Good, accompagné de sa vidéo démente est le premier single choisit judicieusement. Comme son titre l'indique, ce titre a été composé pour transmette des ondes positives qui inonderont vos oreilles. Ce single très catchy et réussi me fait songer un peu à la période très pop de Peter Gabriel.

Figured Me Out
renoue avec le côté innovant et frais du Jamie de Multiply. Ce morceau aux influences disco/électro/psychédéliques, est une bombe pour les dancefloors les plus intransigeants. Dans la même ligné, le pétillant Hurricane dépote un max avec son son pop/rock/disco, un mélange des genres savamment dosé pour une chanson dopée aux amphétamines. Green Light est l'une de mes pistes préférées, au son, un hommage à peine voilée à Al Green, son groove est irrésistible. Un joyau très addictif. Where d'You Go ? offre un plaisir immédiat dès la première écoute, joyeux, festif et enlevé, il est difficile de définir ce titre autrement que par le plaisir que l'on en retire. Cependant le gros morceau nous attend à la fin sous la forme de la ballade Rope Of Sand, ce morceau est un joyau de mélancolie et de simplicité, pour la première fois Jamie nous envoie au septième ciel dans le cadre d'un morceau downtempo ce qui laisse entrevoir des possibilités de crooner illimitées.

Il ne réédite pas exactement l'exploit varier les plaisirs comme dans le cadre de Multiply, cependant il serait honteux de nier que cet opus s'écoute avec un plaisir difficilement dissimulable du début à la fin. Energique, il répand la bonne humeur en plus d'être très bien pensé, son seul défaut peut-être : il paraît artificiel et un peu poussif par moments (Where'd You Go). Cependant, des chansons toutes simples comme Figured Me Out, Green Light et Rope Of Sand me font penser que le potentiel de Jamie est très loin d'être épuisé. Un album qui fait un bien fou au moral.

Note Finale : 16/20



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