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jeudi 10 juillet 2008

2003 / 2008 - Martina Topley Bird - Quixotic / The Blue God - Reviews - Chronique de deux albums aux multiples facettes hantés par Martina





Je vous avais conté mes retrouvailles ici avec Martina Topley Bird, je suis comme cela une grande sentimentale, je l'avais perdue de vue depuis plus de 10 ans et la redécouvrir à travers sa carrière solo a dépassé mes espoirs les plus fous : désormais j'ai vu la lumière, j'ai découvert une artiste originale, hors normes qui dépasse de loin la majorité des chanteuses actuelles, si douées soient-elles car elle n'hésite pas à se renouveller à chaque chanson, à aller plus loin dans l'interprétation, dans l'obscurité ou dans la luminosité, elle étonne et détonne : sa voix modulable et son intelligence en font une interprète troublante, enivrante, hypnotisante, touchante, indispensable.

Son premier opus Quixotic est un album pour lequel j'avais des appréhensions : après l'avoir acheté, j'ai attendu un peu avant de l'écouter par peur d'être déçue... mal m'en a pris car j'ai été éblouie par cet opus dès la première écoute, le casque aux oreilles, je me suis sentie de suite immergée par la première piste Intro : une introduction sidérante et si courte : la voix de Martina prend des teintes blues. Sortez les guitares électriques, Need One débarque à vos oreilles, avec la participation de Mark Lanegan dans les choeurs, cet excellent morceau pop/rock électrique détonne et mérite votre attention. Ma chanson préférée Anything me donne de tels frissons... impossible de ne pas être hypnotisé par le chant quelque peu désenchanté de Martina, à noter les magnifiques arrangements qui procure une dimension planante à ce chef d'oeuvre.

Soul Food
, de suite, m'a fait songé à ses meilleures collaboration avec Tricky, Martina prend une voix quelque peu éraillée et insuffle une vie et ferveur à ce morceau qui bénéficie d'une belle instrumentation jazzy. Lullaby, comme son titre l'indique, est une chanson dreamy avec une profondeur dans les arrangements façon trip hop, douce et sombre avec des coeurs enchanteurs. Too Tough Too Die, a priori, cette chanson rock/trip hop n'est pas censée être ma tasse de thé et pourtant la recette marche ici, le son dur et froid façon PJ Harvey dans son ancienne vie, le refrain très accrocheur, et surtout une Martina sado-maso plus vraie que nature.

Ahh voici Sandpaper Kisses, outre le très joli titre de cette chanson, une autre de mes chansons highlights, je me laisse envahir par le chant hypnotisant de Martina (un peu comme on se laisse envouter par Hope Sandoval), sublimissime, à écouter pour se détendre, c'est magique. Ragga propose une collaboration avec Tricky, de suite on parvient à cerner l'influence de ce dernier, clairement dans un registre qui s'inscrit dans le mouvement trip hop, une ambiance sombre, presque oppressante, un morceau impeccable. Lying est une song aux arrangements et à l'interprétation minimalistes. Un morceau downtempo d'une douceur incroyable.
I Wanna Be There
renoue avec les guitares électriques et le rock/trip hop. Energique et concis, ce morceau en jette plein la vue. I Still Feel est un morceau qui flirte entre la pop et le trip hop avec bonheur, planant, il me projette dans une autre dimension au son de la voix enchanteresse de Martina. Ilya est sans conteste l'une des meilleures pistes de cet opus après quelques écoutes, le son certes peut déconcerter, mais en l'écoutant jusqu'au bout, on ne peut que s'incliner face à l'instrumentation luxuriante, le côté délicieusement alternatif de ce morceau et une Martina toujours sensationnelle. Stevie's clôture avec la même magnificence que l'Intro débutait cet opus enjôleur. Une ambiance sombre et planante, des cordes, une voix de sirène, superbe. Et j'ai reconnu la marque du génial producteur David Arnold (Björk, James Bond, etc.).

Ce premier album, qui ratisse large musicalement, m'a accroché dès la première écoute, cependant plusieurs écoutes attentives sont nécessaires afin de cerner la richesse et la complexité de son contenu. Martina, à l'aide de ses producteurs, a réussi à créer son propre univers musical mi-obcur/mi-lumineux en transcendant les genres, inclassable cette muse, devenue mentor à son tour, s'impose comme une des meilleures auteur/compositeur/intereprète à ce jour car elle a su innover sans être hermétique ou grand public. Et sa voix ? Quelle voix, un chant de sirène hypnotisant vous guette sur ce petit chef d'oeuvre.

Note Finale : 19/20











5 ans cela doit être long pour les amateurs de la première heure de la demoiselle, non ? 5 ans pour donner un successeur au sublime Quixotic, il faut réfléchir à deux fois avant de donner une suite à un album devenu culte. Martina a eu raison, elle s'est adjoint les services du sémillant Danger Mouse (Black Keys, Gnarls Barkley, etc.) afin de donner une dimension différente qu'à son précédent opus, une façon pour elle de tourner la page définitivement sur son passé.

Phoenix
, une composition minimale, aux sonorités électroniques, très intense ouvre le bal de très belle manière. Carnies, premier single, est une bombe trip-popesque qui ravage tout sur son passage, Martina Topley Bird se montre plus affirmée, plus sensuelle, plus libérée. April Grove porte clairement la marque de Danger Mouse qui apporte une dimension sombre et fantomatique à cette song difficilement catégorisable : du trip-pop ? Les arrangements vocaux sont à tomber. Something To Say nous plonge dans une ambiance profondément sombre, le refrain très catchy est un enchantement aux oreilles, délicieux.

Baby Blue
, une de mes chansons coup de coeur, est totalement irrésistible, cette pop song aux couleurs bluesy est renversante. Une extase. Shangri La, une des meilleures pièces de l'opus, débute par une intro aux arrangements un peu psyché pour ensuite laisser place à une pop song à la beauté et sensualité renversantes. Snowman, une de mes préférées également, est tout simplement hypnotisante, dotée d'une atmosphère féérique. Da Da Da Da, est selon mon interprétation personnelle, un interlude ludique, à cet opus assez intense, oui elle chante Da Da Da Da pendant un peu plus de deux minutes sur des percussions minimalistes, que dire ? Le renouveau psychédélique façon Danger Mouse ?

Valentine
est peut être la plus belle piste de l'album : une ballade langoureuse aux influences 60's avec une touche de futurisme, ambiance smoky, tamisée, Martina est plus sensuelle que jamais, c'est la perle, c'est sublime. Poison, à l'image de Carnies, constitue un single imparable, un refrain accrocheur, une Martina piquante, un souffle de fraîcheur vient d'être insufflé la pop music. Razor Tongue est clairement l'unique morceau sur lequel on peut apposer l'étiquette de trip hop, Martine révèle une sensualité exacerbée, sa voix n'a jamais été aussi caline et caressante. Un bonheur pour les oreilles. Une song fantastique. Yesterday renoue avec la veine aventureuse de Quixotic, plus alternative, elle invite à la songerie, au rêve, à la réflexion. Un trip qui ouvre de nouvelles perspectives qui s'annoncent illimitées pour la talentueuse Martina.

Un deuxième opus profondément différent de Quixotic, à première vue plus léger et pop, à deuxième vue aussi complexe et sombre. Une nouvelle dimension plus accessible est apporte à l'univers de Martina avec la même qualité au rendez-vous. Danger Mouse offre ses services, contribue à la production et même à l'écriture de certaines chansons, mais ne s'impose jamais, c'est son propre univers qu'il apporte par touches fantomatiques à celui de Martina luxuriant ou minimaliste selon l'humeur de la belle demoiselle. Martina a murît ces chansons de nombreuses années et on peut ressentir davantage d'affirmation de sa personnalité au travers de ses interprétations : hypnotiques, sensuelles, elle envoûte et charme. Au final un album plus homogène, plein de couleurs et d'images qui se bousculent lors de l'écoute, qui se rapproche du niveau (la barre est très haute) de Quixotic. Il ne faut pas bouder son plaisir quand l'appât est aussi irrésistible que Martina Topley Bird : un oiseau rare à l'avenir lumineux.

Note Finale : 17,5/20

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4 commentaires:

Julien a dit…

Très bonnes critiques, je suis d'accord avec toi : ces disques sont des joyaux. J'ai eu peur d'être déçu du second au début, et, comme la première fois, la magie a opéré petit à petit : au fil des écoutes, le disque est passé d'"agréable" à "indispensable".
Sur Quixotic, il y a également deux B-sides à écouter absolument : Skyscraper et Hours Away. Deux merveilles.

Jess a dit…

Toujours un plaisir de venir te lire :o)
Je ne connais pas le 2d opus... vais donc en profiter pour le découvrir, merci à toi :o)

Raph a dit…

... et bien voilà , je rentre de voyage avec dans mes valise "the blue god " ..et bien sûr tu m'as grillé sur le poteau ... bien fait pour ma gueule , les absent ont toujours tort ... :-) ... il ne reste e plus qu'a rajouter un lien de chez moi à chez toi ... dans ton dernier commentaire , tu me parles d'un w-e mitigé , j'espère que tu me parles du climat de notre pays petit ... :-) ... on m'a dit que je n'avais rien raté... c'est vrai?

Raph a dit…

bonjour... c'est marrant ça nous sommes l'un chez l'autre au même moment... je viens chercher le lien pour compléter mon post et je cherche le " lonely drifter karen" , j'ai l'impression de l'avoir croisé chez toi?? tu vas bien?? et ce café , on se le boit quand?

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