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mercredi 18 novembre 2009

2009 - Tara Busch - Pilfershire Lane - Review - Chronique d'une artiste géniale





Les coups de foudre qu'ils soient amoureux, musicaux ou d'autre nature ne s'expliquent pas. Ils sont illogiques, entiers, surviennent sans qu'on les attende, un peu comme celui que j'ai eu avec la musique de Tara Busch. Cette jeune américaine surtout connue pour avoir fait le sublime remix assez particulier de Daniel du groupe Bat For Lashes a sorti dans une certaine froideur médiatique son premier Lp Pilfershire Lane. Froideur que je n'ai pas comprise, pour ma part j'ai d'abord été subjuguée par sa fabuleuse voix, son falsetto évanescent est des plus hypnotisants et puis j'ai appris à apprivoiser sa musique. Du premier abord, je concède que l'on peut se retrouver un peu perdu à la première écoute de l'album de Pilfershire Lane : la faute à la profusion de sons, de bruits qui prend la forme d'un feu d'artifice des plus étranges et pourtant chatoyants pour les oreilles (d'ailleurs je conseille le port du casque pour vraiment s'immerger dans ce flot de sonorités d'une grande profusion).

La volonté de Tara Busch, contrairement à ce que pensent 90% des journaux qui ont chroniqué l'album n'est pas d'être une nouvelle Kate Bush ou de sonner comme elle (d'ailleurs Tara remet les pendules à l'heure dans mon interview (extrait choisi et traduit : En effet, je suis flattée pour la comparaison avec Kate Bush, mais elle n'est pas une influence directe. Je pense que gens disent cela à propos de beaucoup d'artistes féminines qui possèdent une voix aiguë, la comparaison avec Kate Bush est un raccourci aisé) a été avec Pifershire Lane de créer un album concept dans le but de se remémorer des souvenirs d'enfance durant les seventies en y apposant des sonorités. Au fil des écoutes, les différentes couches sonores prennent d'ailleurs tout leurs sens : le mouvement rock psychédélique des 70's est présent le long de l'album avec une touche de modernité et de personnalité propres à Tara. On pense aux Beach Boys, surtout à Pink Floyd (pour ma part, sur la base que je connais davantage le catalogue des Pink que des Beach, sorry) et même Minnie Riperton. L'univers musical crée par Tara est unique : théâtral, baroque, poétique, un peu morbide et sombre, déjanté, déglingué, c'est une oeuvre éminemment personnelle, une rencontre entre l'organique et le synthétique.

Le "cheesy" Over The Radio/Can You Read Me offre une ouverture dantesque entre musique électro et mélodie soul. Plus aérien et féerique, Pilfershire Lane/Simsbury 1978 met davantage en valeur la sensibilité à fleur de peau de la chanteuse capable de vocalises angéliques. Sublime. Plus théâtral, l'intense Third Speed Of Light a tous les atouts pour vous faire planer sur une autre planète avec son refrain très accrocheur "Everybody Loves Me baby". Imaginary Audience est sans doute l'une de mes pistes préférés, le son est aérien, cybernétique, de toute beauté. Un pur bijou. Les connaisseurs du groupe Goldfrapp (moi étant une fan absolue) feront un rapprochement avec le morceau suivant Superfriends/St George. En effet, ce morceau fait songer aux sonorités développées par le groupe sur leur album Black Cherry (Train, etc.) mais cela n'est pas gênant, cela n'enlève en rien l'excellence de ce morceau très énergique sur lequel Tara montre l'étendue de belle voix de soprano. Get Drunk & Fuck est le morceau le plus osé et alternatif de l'album : sauvage, psychédélique, noisy, sombre, en résume époustouflant. Enchantement et décalage garanti avec Pour The Bottle Part 1. L'apogée de l'album est atteinte par les deux masterpiece suivants : Tag est un voyage stellaire au coeur du minimalisme et This Is Love un ovni sonore euphorisant, grisant et psychédélique qui me fait songer à un croisement des univers de Minnie Riperton (sur l' album Come To My Garden chroniqué ici par mes soins, chef d'oeuvre absolu de cette grande dame de la soul) et des Pink Floyd. J'écoute ce morceau en boucle depuis plusieurs sans me lasser le moins du monde. La clôture se fait en douceur mais toujours la tête dans les étoiles avec We Can See Mars.

Je ne suis pas objective, je suis sous l'emprise de Tara Busch qui a fait de moi une de ses amatrices inconditionnelle. Si vous aimez les belles voix féminines, les atmosphères uniques, les mélodies délicates, cet album est pour vous. Un des albums que j'ai le plus apprécié en 2009. Mon must à moi.
Note Finale : 19/20

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Pilfershire



1 commentaires:

Quentin a dit…

Sublime, vraiment. J'en ai marre qu'à chaque fois qu'une artiste a une voix aïgue et fait de la musique planante, on la compare, ou pire, la traite de sous Kate Bush ...

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