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lundi 9 août 2010

2010 - Janelle Monae - The ArchAndroid - Review /Chronique - Un chef d'oeuvre de la soul pas comme les autres...


The Archandroid by Sabine De Greef on Grooveshark
Cela me semblait être une éternité pourtant en réalité "ne fait que" trois longues années que j'attendais cela : un album de la nouvelle déesse de la Soul Musique Américaine : Janelle Monae. En 2007, elle avait occasionné des ravages à mon coeur et oreilles sans prévenir. J'ai encore en tête le moment où j'ai entendu pour la première fois Violet Stars Happy Hunting! : un morceau de soul futuriste délirant au refrain accrocheur. J'ai reçu la claque de la décennie. Son premier Ep, le déjà culte Metropolis : The Chase Suite (Volume One) sorti en 2007 puis réédité en 2008 a enflammé notre imaginaire avec ses sonorités futuristes ; une nouvelle figure incontournable de la soul était née pour rafraîchir la scène musicale soul en panne de nouveaux éléments, elle est vite apparue comme un croisement féminin d'Andre 3000 (Outkast) et de Michael Jackson pour son génie et son caractère visionnaire de la soul music qui ne se limite pas à un genre en particulier : funk, hip hop, musique classique, R'n'B, pop, etc. Par après, l'attente quia d'abord duré des mois s'est transformée en années mais en mai 2010, la délivrance est survenue avec l'apparition de The ArchAndroid qui reprend, sous format d'un Lp, les volumes 2 et 3 de son space opéra Metropolis vaguement inspiré de l'oeuvre de Fritz Lang. Janelle Monae, dont l'imaginaire et l'énergie (scénique en particulier) semble inépuisables, revient sous la forme de son alter ego du futur Cindi Mayweather chargée de sauvegarder l'amour et la liberté (je ne rentrerai pas davantage dans le détail afin de ne pas me montrer trop théorique à ce propos).

The ArchAndroid est un album fleuve qui regroupe 18 pistes qui a priori n'ont pas de lien de parenté évident en raison de leurs styles musicaux presque contradictoires (on passe de la musique classique à de la soul sans transition pour ensuite prendre des virages rock, hip hop et même folk) pourtant cet album est tout ce qu'il y a de plus cohérent : la fougue et le génie de Janelle Monae et de ses collaborateurs (souvent associés à Outkast : Nate Wonder et Chuck Lightning) font en sorte que ces ovnis se succèdent de façon fluide et logique comme s'il s'agissait d'une bande originale d'un film de science fiction épique et terriblement prenant. A n'en pas douter un seconde, The ArchAndroid est l'album soul de l'année car je ne vois pas qui pourrait détrôner cette artiste : son originalité et son énergie irradient le long de cet opus qui lie et marque l'imagination de l'auditeur de façon durable. La première écoute est déconcertante, la seconde l'est encore plus et ensuite vers la sixième et la septième, l'évidence s'impose d'elle-même : cela tient du chef d'oeuvre car tous les ingrédients y sont réunis : la mythologie de l'histoire, le swing incroyable de la sublime et acrobatique voix de Janelle, les compositions époustouflantes, les arrangements dynamiques, excentriques et prodigieux, dans le but de nous absorber dans le monde singulier, fantasque et exhubérant de la jeune artiste américaine.

Suite II Overture nous plonge dans l'album sur une note symphonique et théâtrale grandiose avant de nous abreuver de Dance Or Die qui allie rock et hip hop et sur lequel l'aisance du groove de Janelle laisse rêveur avec en arrière fond un refrain lancinant et percutant. Toujours plus fort et puissant rythmiquement parlant l'album se dirige vers des morceaux foncièrement addictifs et dansants comme l'hypnotique Faster et le déjà classique Locked Inside (avec un petit clin d'oeil appuyé à l'album Off The Wall de Michael Jackson) qui redonnent des lettres de noblesse à la soul up tempo moderne qui nous avait davantage habitués jusqu'à ce jour à de la variété de qualité médiocre et aseptisée (Beyoncé, Rihanna, etc.). Survient déjà le premier véritable ovni de l'album : Sir Greendown. Cette ballade jazzy et down tempo est une merveille ensorcelante et langoureuse qui ne cesse de me séduire au gré des écoutes répétées mais il ne représente au final qu'un interlude magique car la course échevelée se réamorce avec l'une des nombreuses bombes de l'album le brillant et nerveux Cold War. L'aspect funk de l'irrésistible du single Tightrope lui donne un côté sexy rafraîchissant tandis que l'interlude orageux et électrique Neon Gumbo introduit à l'une des pistes les plus surprenantes de l'album Oh Maker qui s'aventure, après une introduction champêtre façon Brodway, sur les plates-bandes R'n'B de Mariah Carey ou de Beyoncé mais d'une façon moins frivole et superficielle. Le résultat est étonnament réussi. On retrouve une Janelle Monae totalement déchaînée sur l'apocalyptique rock de Come Alive. Stupéfiant et génial, une fois de plus.

L'expérimental et psychédélique Mushrooms & Roses indique que l'artiste n'en a pas fini de nous surprendre tandis que le sensuel et velouté instrumental Suite III Overture s'impose à nos oreilles de charmante façon. Neon Valley Street transporte, une fois de plus, le R'n'B dans une ère futuriste avec son intrumentation qui mélange des éléments de la musique classique, du rock et du hip hop. Plus on avance dans l'album, plus l'expérimentation et l'exotisme musical sont au rendez-vous. La pièce hybride pop/soul Make The Bus avec en featuring Of Montreal ne s'avère rien de plus qu'une sucrerie colorée et bizaroïde ainsi que le fantastique, asiatique et acidulé Wondaland qui en sont les preuves les plus flagrantes. Encore plus étonnant, le somptueux psyché folk 57821 (feautring Deep Cotton) possède une grâce céleste capable de faire pleurer. Une pure merveille incontournable sur cet album fort surprenant. L'album se termine par deux pierres des plus précieuses qui soient : le ténébreux, sensuel, doux et aérien Say You'll Go et le gargantuesque et avant-gardiste jazz façon big band BaBopBye Ya qui clotûrent l'album de façon spectaculaire.

Un chef d'oeuvre absolu tout court. Une des (sinon le) albums les plus palpitants et passionnants de 2010.

Note Finale : 20/20

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Amazon.com, Cdwow.us

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5 commentaires:

Lucrecia Bloggia a dit…

Wow!! Quelle chronique dithyrambique! Et méritée.
J'ai entendu pour la première fois Janelle Monae sur ce blogue, et me suis procurée son Metropolis. Alors quand Archandroïd est sorti, j'ai fait ni une ni deux et me le suis procuré aussi! Aucun regret.
Et pourtant, je ne suis pas consommatrice de néo r'n'b, hip hop, et autres gugusses pop. C'est dire!

saab a dit…

@ Lucrécia :
Ton enthousiasme fait tant plaisir ! En fait, c'est vrai Janelle arrive à toucher tout le monde (même les non adeptes de soul et de hip hop) car elle donne un aspect universel à sa musique avec la touche pop, c'est pour cela que j'ai fait référence à Michael Jackson au tout début de la chronique, elle transcende les genres et les codes pour nous enmporter dans son univers soul métissé.

Thierry a dit…

... Par contre, sur celui-là, nous avons rarement été autant en désaccord.
Je n'accroche pas du tout à cet album, je n'y vois qu'une belle voix, certes, une attitude, certes, mais des chasons assez faibles, une production à la peine et un côté kitsch assez prononcé qui ne me touche pas du tout.
Pourtant, j'aime beaucoup le genre !
Mais là, ça ne prend pas ...
Etonné, je suis, car j'adorais vraiment le Tightrope annonçant l'album.
Tant pis !

saab a dit…

@ Thierry :
Ah, les goûts et les couleurs :-)
Oui, c'est quand même bizarre que tu n'aimes pas l'album car Tightrope n'est pas foncièrement le meilleur morceau de l'album, je préfère en l'occurence davantage Cold War ou Locked Inside mais bon c'est totu de même sain que cet album ne fasse pas l'unanimité :-)

Tha Sound Digger a dit…

Entièrement de ton avis. je n'avais pas vu ta chronique et pour le comme d'habitude je ne suis pas déçu. Good Job. Charles

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