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mercredi 10 décembre 2008

1967 / 2008 - The Doors - Live At The Matrix 1967 - Reviews - Chronique d'un double album Live controversé du groupe culte à leurs débuts : vibrant



Sur base de mes cd's, je les ai convertis en Mp3 qualité 192 et mis dans une playlist Deezer, le seul problème : je n'ai pas pu insérer The End sur le premier disque.




Je suis une très grande admiratrice des The Doors, c'est comme cela, avec Pink Floyd, The Who et Led Zeppelin c'est assurément le quatuor de tête des groupes rock que j'adore et que j'aimerai pour toujours. Si je possède les albums studio des The Doors, j'avoue ne pas avoir pris la peine (manque de temps, etc. toutes les excuses sont imaginables) de me procurer un album Live de ce groupe et quand la semaine dernière je suis passée dans les rayons musicaux, je suis tombée nez à nez avec cette magnifique pochette et cette promesse d'un Live qui date de 1967 par conséquent qui se situe à la naissance de leur carrière dans le grand circuit. Sur un coup de tête, j'ai acheté cette nouvelle sortie (sortie en novembre 2008 pour être exacte) sans savoir à quoi je m'exposais. Sur base de la tracklisting et afin de connaître ce groupe avant leur renommée mondiale, la mort de Jim, leur statut désormais culte avec toujours cette question lancinante : à quoi pouvait ressembler ce groupe ?

Je ne me fais pas l'avocat du diable : je sais parfaitement que les trois membres restants du groupe : Ray Manzarek, Robbie Krieger et John Densmore (dans une moindre mesure) ne sont pas des enfants de choeurs. Ils ont multiplié les tentatives afin de rentabiliser l'affaire : inédits en tous genres, coffrets de toutes sortes, rééditions remasterisées (par deux fois même... la dernière remasterisation de tous les albums studios date de l'année dernière et si le son pète gravement, les bonus sont plutôt inintéressants outre le fait évident que cela commence à faire un peu de trop...), résurrection du groupe avec d'autres chanteurs, bref de quoi foutre des frissons à tous les puristes du genre et même aux autres (comme moi).

De plus, cette sortie - en elle-même - est très controversée. Restituons les faits : janvier 1967 : sortie du premier album éponyme de The Doors : un chef d'oeuvre absolu pas encore reconnu à sa juste valeur évidemment, en mars 1967 le groupe se produit dans un petit bar : The Matrix pendant quelques jours : ce bootleg circule dans le circuit underground depuis le début, ensuite le net se fait le relais naturel de ce Live apprécié comme un document historique, un testament des débuts de ce groupe devenu depuis légendaire. Enregistées le 7 et le 10 mars 1967, les tapes dites de première génération appartiendraient à Peter Abram, patron de la boîte The Matrix et ne seraient donc pas en possession des membres de The Doors ou du label Elektra, aie, aie, aucune mention de cela, bien entendu, dans le livret qui accompagne ce double cd... que ce double cd ne seraient finalement basé que sur des enregistrements de faible qualité... toutes les rumeurs les plus folles (ou vraies) jalonnent les forums, les critiques anglosaxonnes (les francophones lassés ne relatent même pas cette sortie... dommage même si cela est compréhensible), bref que dire ? N'étant pas une spécialiste ni une puriste, je ne n'aventurai pas sur cette voie sinueuse même si ces informations se doivent d'être relatées afin d'avoir un minimum d'objectivité concernant cette énième sortie.

Ce qui m'a d'abord frappée en écoutant cd live ce n'est pas une surprise : c'est le son : loin d'être linéaire, d'une chanson à l'autre c'est au petit bonheur la chance, certaines pistes ont été épargnées et restaurées, d'autres souffrent par contre et pas de miracles en vue pour réscuciter leur son originel sans quelques craquements au passage ou de sons saturés. Mais vous savez quoi ? Si cela me dérangeais un peu au départ, par la suite j'ai trouvé cela naturel, on est beaucoup trop habitué aux Live actuels souvent lisses, mixés, lêchés jusqu'à la moindre égratinures et au final cela donne un résulat un peu insipide (dernier exemple en date : H.A.A.R.P. de Muse sorti cette année 2008, très agréable à l'écoute mais tellement conventionnel que cela donne envie de pleurer et de leur crier de se bouger le cul pour au minimum innover en Live ! P***** de concert de masses).

The Doors se produisent dans un petit club, il débute en quelque sorte : pas encore de réels succès derrière eux, pas d'égo surdimenssionné, pas encore de débauches qui nuiront à beaucoup de leurs prestations Live ultérieures ; ce sont des jeunes musiciens qui se produisent pas nécessairement à leur aise ("petit club" vous met sur la piste) devant un public amorphe. Et pourtant cet album Live est un must - à sa façon - pour les fans des The Doors, pour les simples amateurs, il est vrai que cela peut rester anecdotique car ce n'est sans doute pas leur meilleur Live mais constitue avant tout un document historique inestimable.

Pourquoi l'écouter ?

- tous les membres sont encore en forme : ils donnent le meilleur d'eux dans des conditions relativement difficiles.
- c'est toujours ultra cool de réentendre Break On Through, Crystal Ship, Alabama Song, etc. toutes ces sublimes chanson présentes sur le premier opus de 1967.
- Summer's Almost Gone qui sera présent sur l'album Waiting For The Sun (1968) est une pure merveille de poésie mélancolique.
- Light My Fire, légèrement réarrangé, démarre tout doucement, Manzarek lui donne une touche façon Bossa Nova/Lounge. Et cela le fait. The End se voit ajouter des bribes de poésie. Back Door Man et When The Music's Over se voient prolonger pour notre plus grand plaisir et démontrent l'intuition et la bonne marche du groupe.
- les reprises I'm A King Bee de Muddy Waters, Get Out Of My Life Woman de Allen Toussaint, Who Do You Love de Bo Diddley, Crawling King Snake de John Lee Hoker qui verra son apparition sur leur dernier album L.A. Woman (1971) et de Gloria qui offre de belles sensations.
- La deuxième galette contient une grande part du deuxième album Strange Days qui sortira quelque mois plus tard (fin 1967) et offre un superbe version de Unhappy Girl même compliment pour Moonlight Drive, My Eyes Have Seen You et surtout pour l'hypnotique/psychédélique I Can't See Your Face In My Mind.
- Woman Is A Devil/Rock Me offre un trip sous acides en toute quiétude, ambiance garantie ;-).
- Une version instrumentale de Summertime (du couple Gershwin) bien fichue.

90/100 : ce n'est pas le genre d'album que vous écouterez tous les jours. C'est avant tout un testament, un témoignage des débuts de ce groupe. On ne se rend pas compte, mais en 5 ans ce groupe a sorti 6 albums, a connu la gloire, la déchéance et la mort. En 5 ans, ils ont brûlé toutes leurs cartouches et le tout s'est terminé (même si les membres survivant ont tenté de continuer l'avanture sans grande crédibilité) avec la mort d'un homme devenu une icône de par son son charisme et sa voix sublime, inoubliable. A écouter par nostalgie (la flamme et la magie de leur musique agissent toujours de façon vivace), des instants "volés" (sic) à savourer qui montrent un groupe encore sain et plein de vigueur avant que tout le reste ne survienne et balaie le tout d'un revers de main.

Summer's Almost Gone :

I can't see your face in my mind :

6 commentaires:

dubleudansmesnuages a dit…

Tiens, tiens, tiens ... The Doors!... Tu as des très, très bonnes compagnies.

Tu ne voudrais pas ajouter à ta liste Yes?...

Nagagate a dit…

Dis moi!? tu sors des sentiers battus...

Quel Bonheur!!!

Merci merci pour ce super post!

Mon portable va couper, j'ai plus de batterie... je repasse écouter la suite demain!!!

J'ai écouté les 2 premières morceaux "le pied total"

Big Bizz Saab

saab a dit…

@ Armando :
difficile de ne pas être en meilleure compagnie, leur musique me fait planer.

@ Nagagate :
c'est grâce à mon "mari" que j'ai vraiment fait connaissance avec leur musique et depuis je suis accro ! Un poutou à toi !

Nagagate a dit…

Sur la reprise "I'm A King Bee" j'ai l'impression d'entendre la voix de Mick Jagger??? et Jim Morrison en second plan...

Je l'ai écouté une deuxième fois et j'en mettrais pas ma main au feu mais presque!!!

Que du sublime dans cet album et le second disque est aussi très bon et ça change de mon "Strange Days" totalement usé à force de l'écouter, je crois que j'ai trouvé ce que le père Noël va m'offir d'ici peu!

Bizz à toi

My Head is a Jukebox a dit…

C'est sur Robbie Krieger et Ray Manzarek ne sont pas des anges. Ils viennent d'ailleurs de perdre un procès et doivent reverser des royalties à John Densmore et aux ayants-droits de Morrisson pour avoir utiliser abusivement le nom de doors lors de tournées récentes... Sinon ta review me donne sacrément envie d'écouter. Moi je peux te conseiller le bootleg de Boston 1970 (que j'ai d'ailleurs chroniqué) ou Morrisson est complétement défoncé, ça vaut le coup d'être entendu !
Bises
Régis

saab a dit…

@ Régis :
Je suis à 100% d'accord c'est mercantile mais cela vaut l'écoute pour les inconditionnels ,-)

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