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mercredi 21 janvier 2009

2006 / 2008 - El Perro Del Mar - Eponyme / From The Valley To The Stars - Reviews - Chronique d'une chanteuse élégiaque divine




Quand Sarah Assbring a sorti ce premier opus, elle (qui se cache sous le patronyme mystérieux d' El Perro Del Mar (qui siginifie Le Chien De La Mer) m'a de suite fait craquer : voix troublante : fluette, juvénile, mélancolique, en résumé : attendrissante comme peu de voix le sont. Cette jeune suédoise m'a interpellée et boulversée, elle semblait chanter avec le coeur brisé sans jouer la comédie. La musique que propose la jeune femme est tout particulièrement originale sans l'être : pop music particulièrement mélodique, mélancolique et répétitive avec un brin de swing ou de langueur selon le contexte : les groupes féminines des sixties, The Beach Boys, Bacharach ainsi que la soul sont les principales références de l'artiste. L'originalité provient essentiellement du ton donné à ce type de pop : trouble, triste, mélancolique sans être dépressif, il sort clairement des sentiers battus.

Candy ouvre les hostilités : premier morceau à la fois sucré dans ses arrangements avec une pointe d'amertume qui le parcourt est d'une rare subtilité : vous n'oublierez pas de si tôt ses shoo bi do wap enjoleurs... God Knows (You Gotta To Give To Get), premier single ravageur, est d'une douceur et d'un angélisme qui mettent l'auditeur dans un état de béatitude indécent. La fluidité, le sens mélodique, le résultat si séduisant de ce morceau de pop symphonique minimaliste est proche du chef d'oeuvre, non en réalité, c'est un chef d'oeuvre point à la ligne. Un chef d'oeuvre en appelant un autre, Party pointe le bout de son nez et son côté suppliant et dépressif ne peut laisser indifférent. L'éthéré et angélique People prend rapidement le pas afin de nous envoyer au septième ciel musical.

Telle une prière, Dog nous hypnotise par son aspect répétitif et envoûteur. Ce morceau est particulièrement brillant. Changement de ton pour I Can't Talk About It : séduisant pourvu d'un vrai sens du swing, les Shangri-La ne sont pas loin... sublime. Le délicat et doucement psychédélique Coming Down A Hill est d'une beauté à couper le souflle grâe entre autre à ses choeurs paradisiaques. De même, comment rester insensible à cet incroyable appel du coeur : This Loneliness ? A vous briser le coeur, c'est presque trop mignon pour être vrai. It's All Good renoue avec la fibre pop sixties de la plus belle façon qui soit : douce, légère sans être mièvre. Il s'agit du morceau le plus positif de l'album. Here Comes That Feeling est une reprise d'une chanson de l'artiste américaine Brenda Lee (ici pour écouter l'original), cette version un peu moins swing mais davantage soulful clôture de façon magistrale ce premier opus parfait.

100/100 : un album de pop parfait, ce n'est pas tous les jours que ces derniers apparaissent sur le marché musical. Au final, un cd de pop mélancolique subtil, raffiné, intemporel à la fois mélodramatique et sobre. Des arrangements simples mais plein de finesse, des choeurs vous permettant d'entrouvrir la porte du paradis à vos oreilles et cette voix pleine de tristesse, de douceur et de tendresse. La perfection existe et se nomme El Perro Del Mar. Un des meilleurs albums 2006 tout simplement.

God Knows :


Party :






C'est toujours difficile de juger un second album, c'est la croix et la bannière car si l'on possède un point de repère que constitue un premier album, on se laisser souvent surprendre par le fait avéré que l'on a souvent eu davantage de temps pour digérer le premier opus. Par conséquent, on se fait une idée trop rapide du second effort produit par l'artiste car trop impatient de découvrir la nouvelle cuvée de notre coup de coeur. C'est pourquoi From The Valley To The Stars (sortie en 2008) n'a pas déclenche la même ferveur que son prédécesseur. C'est bien dommage car ce nouvel effort est plus expérimental, plus pointu, moins pop que psychédéliquement religieux. On pourra cependant lui reprocher d'être clairement plus paresseuse au niveau de la composition. De quoi ré-équilibrer le jeu.

En effet, une majorité de parties de chansons à l'image des prières religieuses sont souvent répétitives (répétition des paragraphes jusqu'à plus soif, cela n'a pas du lui demander un grand effort d'écriture...) mais sont néanmoins délicieuses et envoûtantes. Fini les choeurs angéliques omniprésents, la voix (y compris les effets de voix) de Sarah perd de son mélodrame pour briller dans registre de sobriété presque ascétique, cela ne fait que ressortir son aspect juvénile si doux à l'oreille. Ce nouvel album compte toujours les influences de Phil Spector, de Bacharach et des groupes féminins des sixties mais El Perro Del Mar pare ses influences au travers d'un habit religieux (l'omniprésence de l'orgue renforce très nettement cette impression de recueillement) plus lumineux qu'à l'accoutumée.

Jubilee
en est le meilleur exemple, une jolie plasmodie enchenteresse qui a toujours un goût de paradis mais de façon moins moins outrancière comparées aux anciennes production de la demoiselle. La sobriété est ici de mise. Dans la même lignée mais plus élaboré le premier single Glory To The World est une merveille de douceur innoncente. L'enjoué You Can't Steal A Gift provoque une furieuse envie de claquer dans les doigts la mesure. Le langoureux et sensuel How Did We Forget ? est l'une de mes plages préférées. Un bijou. Inside The Golden Egg est un instrumental faussement décalé qui installe une ambiance digne d'un film de Lynch tandis que la piste suivante To Give Love est transcendé par une ambiance pastorale avec des jolis choeurs harmonieux. Simple mais magnifique. Plus expérimental et hypnotique Inner Island déconcerte pour le meilleur. Do Not Despair mise davantage sur une ambiance sombre presque funéraire magnifiquement restituée. Brillant.

La deuxième partie de l'album est introduite par la pop sucrée Somebody's Baby, la chanson la plus accessible à l'oreille de l'album. Un excellent morceau des plus réjouissants. Un must. Rapidement Sarh renoue avec une atmosphère de recueillement avec la petite merveille que représente The Sun Is An Old Friend, une phrase simple répétée jusqu'à la fin, si simple et pourtant si prenant. Ambiance dominicale assurée avec l'angélique mais sombre Hapiness Won Me Over. Encore une très belles pièce. From The Valley To The Stars propose également une ambiance très douce excellement réussie. Le minimaliste et court instrumental You Belong To The Sky Now reste dans la lignée de l'album. Plus sophistiqué, Into The Sunshine enchante l'auditeur au plus haut point. Cette chanson lumineuse est un diamant brut. Someday I'll Understand (Love Will Be My Mirror) est un autre grand hightlight de l'album, une magnifique ballade d'une finesse rare, d'une grâce infinie avec toujours ce minimalisme dans les arrangements qui fait rejaillir l'émotion et l'atmosphère si particulières à cet album. Your Name Is Neverending clôture avec simplicité, douceur et beauté cet opus exigeant.

90/100 : ovni sorti l'année passée, cet album est capable d'instaurer une atmosphère unique en son genre, le tout est d'être capable de s'imerger et de savourer ce moment particulier proposé par Sarah. Je ne pense pas que cet album est parfait, au départ on pourrait même croire qu'il est un peu paresseux dans sa conception mais, au final, l'album s'avère une pièce beaucoup plus ambitieuse qu'il n'y paraît. J'encourage la découverte de cet album déconcertant mais excellent.

Glory To The World (Live) :

4 commentaires:

Påscoalinho a dit…

j'aime beaucoup El Pedro moi aussi

chouette chronique

Michael a dit…

J'adore le premier album depuis sa sortie. C'est un des disques que j'ai le plus écouté ces dernières années.
Moins fan du deuxième...

saab a dit…

@ Pascoalinho :
Merci du compliment !

@ Michael :
Le second est clairement moins abordable, il s'agit plus d'un album d'ambiance qu'un album purement pop.

dubleudansmesnuages a dit…

superbe 'papier' de la superbe suedoise établie en Espagne.
Y'a pas a dire, tu t'y connais.
Bisous

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