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lundi 10 mai 2010

2010 - Sophie Hunger - 1983 - Review - Chronique d'une artiste qui tâtonne et se trouve







Pas question d'être à la traîne concernant le dernier et troisième album de la plus connue des suissesse Sophie Hunger comme cela s'était produit avec son second album Monday's Ghost qui l'avait aidé à acquérir une renommée au-delà des frontières de son pays (chroniqué et en écoute ici). En effet, Sophie Hunger, cela fait maintenant bien 4 ans que je suis attentivement son développement musical, elle a aidé, avec l'aide d'autres artistes suisses : Lunik (également MiNa), Evelinn Trouble, Olivia Pedroli, Léa Lu, Fiona Daniel, etc. (j'en profite pour faire un clin d'oeil à Cristina et son projet musical folk intimiste de toute beauté : Selva Nuda), à apporter un nouveau souffle à la scène musicale suisse, ou plutôt, disons le franchement sans langue de bois, à nous faire découvrir celle-ci plutôt discrète (car non médiatisée) jusqu'à "l'explosion" de l'artiste Sophie Hunger. Cette dernière qui chante parfaitement dans la langue de Shakespeare, de Goethe et de Molière sur ses compositions incandescentes offrant un beau panel musical : folk, pop, blues, jazz, rock... nous est revenue en avril 2010 avec un nouvel opus 1983, en référence à l'année de sa naissance.

Sophie Hunger nous avait habitué à une musique spontanée et ardente (nous remémorant toute proportion gardée Jeff Buckley, une de ses idoles), tantôt aérienne et éthérée ou péchue et audacieuse. 1983 est un album travaillé dans une certaine urgence car la belle artiste aime davantage que sa musique reflète ses humeurs et aspirations du moment plutôt que de s'épancher sur ses travaux passés. Si vous vous attendez à ce qu'elle refasse le même album que son prédecésseur Monday's Ghost, passez votre chemin, vous serez à tous les coups déçus par le "tournant musical" de la demoiselle qui abandonne quelque peu les envolées musicales lyriques pour nous offrir un album noir, sombre, minimaliste, aux contours apaisés mais au contenu brûlant. Un opus plus personnel et sophistiqué qui indique que Sophie commence à trouver tout doucement son identité musicale.

Cet album demande de nombreuses écoutes avant de pouvoir l'aimer, c'est vrai, cela requiert un peu de persévérance, à la première écoute je n'avais pas été convaincue, je l'avais trouvé monotone et monocorde, j'avais envie de crier : "mais c'est quand que cela décolle ?". Ensuite, j'ai été récompensée, si la musique de Sophie a perdu en accessibilité, en beauté et passion apparentes, elle a gagné en profondeur, complexité, maturité et personnalité car Sophie ne fait plus penser à Jeff Buckley ou Cat Power mais uniquement à elle et cela c'est déjà une gageure épatante. Je ne peux que recommander d'écouter cet album au calme avec écouteurs car le "plein air" dilue l'atmosphère sombre et intense qui forme la colonne vertébrale album. Sophie a gardé sa somptueuse voix de velours brut et rebelle, les acrobaties ont fait place à l'émotion en mode nuancé. Ses textes sont plus engagés, acérés, la demoiselle a grandit et cela se ressent, un excellent point pour le songwriting féminin pas toujours assez en phase avec l'actualité.

Ce nouvel et excellent album s'écoute dans son intégralité sans fausses notes apparentes (même si après la huitième ou la neuvième chanson, l'album faiblit légèrement en raison des compositions souvent de trop courte durée qui semblent pas assez abouties ou trop expérimentales à mon goût) cependant tout comme sur Monday's Ghost, j'ai quelques préférences en ce qui concerne le feutré et élégiaque Leave Me With The Monkeys, la nervosité et le groove de Lovesong For Everyone, l'éthéré et aérien Headlights, la superbe montée en crescendo sur City Lights Forever, le tempétueux et vibrant cri de la raison de Your Personal Religion, la version envoûtante et habitée de Le Vent Nous Portera (reprise de Noir Désir) à donner la chair de poule, l'intensité toute en retenue et frissonnante de Travelogue ou encore la douce mélancolie de Train People.

Un troisième album qui laisse apercevoir de plus près l'univers musical personnel de la sublime Sophie Hunger. Un "petit" must have à écouter à l'abri des regards et de la lumière.

Note Finale : 16,5/20

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Sophie Hunger - 1983



2 commentaires:

madamacri a dit…

... en tout cas pour une première écoute je préfère celui-ci au deuxième... dont j'ai le souvenir que j'avais été déçue, car justement j'avais l'impression qu'il ressemblait trop au premier, et plat... peut-être il faudra que je le réecoute....
En tout cas là je retrouve l'émotion qui m'avait touché à l'époque... en tout cas la voir en concert c'est une expérience...elle vous donne vraiment les frissons!!!
ps... et merci du clin d'oeil....t'es choue!

Fritz a dit…

Wow!!! super la nouvelle interface; çà sent le printemps!!! J'avais adoré Monday Ghost et j'ai hâte d'écouter celui-ci.

P.S: j'ai réalisé qu'écouter en streaming sur ton site fait énormément augmenter ma facture internet :-(

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